Ce que révèle le Palmarès 2026 des villes vertes
Tandis que la France suffoque sous l'effet d'une vague de chaleur inédite en mai, la nouvelle édition du Palmarès des villes vertes, porté par l’Unep (Union des entreprises du paysage) et Hortis (Association des responsables d’espaces nature en ville) montre que la nature en ville s’impose désormais comme un levier d’adaptation climatique et de résilience territoriale. Plus qu’un sujet d’embellissement, la place du végétal doit être au coeur des politiques urbaines.
Cette 5e édition du classement confirme l’accélération des stratégies de végétalisation engagées par les collectivités. Angers conserve la première place grâce à une politique menée de longue date : désimperméabilisation, création d’îlots de fraîcheur et plantation d’environ 1 000 arbres par an.
Annecy fait une entrée remarquée à la deuxième place, portée par un patrimoine naturel exceptionnel et une stratégie de préservation des espaces verts. Metz complète le podium avec une gestion écologique pionnière des espaces publics, engagée depuis plusieurs années.
Le Top 10 évolue également avec l’arrivée de Besançon et Bordeaux. Lyon reste solidement installée dans le haut du classement grâce à ses opérations de végétalisation à grande échelle. La métropole revendique plus de 25 hectares végétalisés et près de 12 000 arbres plantés depuis 2020. Strasbourg, cinquième, poursuit de son côté le développement de continuités écologiques et d’espaces favorables à la biodiversité.
Budgets "verts" en hausse
Au-delà du classement, l’étude illustre surtout un changement d’échelle. En dix ans, les surfaces d’espaces verts ont peu progressé (+3 %), mais les budgets consacrés au végétal ont fortement augmenté : +132 % depuis 2017, pour atteindre plus de 108 € par habitant en moyenne. Les collectivités investissent désormais dans des aménagements capables de répondre aux effets du réchauffement climatique.
Les chiffres traduisent cette mutation : 97 % des villes interrogées ont créé des îlots de fraîcheur, 94 % ont engagé des actions de désimperméabilisation et 91 % privilégient des essences adaptées au changement climatique. La gestion de l’eau devient également un sujet structurant, avec près de sept villes sur dix dotées d’un plan dédié.
Autre évolution notable ? L’implication croissante des habitants. Les dispositifs de végétalisation participative se multiplient, qu’il s’agisse de permis de végétaliser, d’accompagnement à la plantation ou de jardins nourriciers. La ville résiliente se construit désormais autant avec les citoyens qu’avec les services techniques.