À la découverte des savoir-faire de Meljac
En ouvrant les portes de son site de production de Villeneuve-le-Roi (Val-de-Marne), l'industriel met en scène une organisation rare, où la maîtrise des procédés, le poids de la main-d’œuvre qualifiée et le sur-mesure dessinent les contours d’un positionnement haut de gamme à part sur le marché de l’appareillage électrique.
À Villeneuve-le-Roi, au sud de la capitale, le principal site de production de Meljac concentre l'essentiel de la chaîne de valeur de l'entreprise. Installée ici depuis 2009 – après plusieurs implantations, dont une première dans le 15e arrondissement de Paris – la société y pilote l'ensemble de ses opérations, du design à l'expédition.
Sur 2 300 m², les différentes étapes de fabrication s'enchaînent dans une logique d'intégration poussée : découpe, usinage, gravure, traitement de surface, assemblage.
Une organisation industrielle qui permet à la marque de revendiquer un taux de production française compris entre 70 % et 95 %, bien au-delà des exigences du label Origine France Garantie, obtenu en 2012. « Renouvelé depuis 14 ans, ce label témoigne de notre expertise et de la qualité de nos créations », souligne Jean-Michel Lagarde, directeur général depuis 2015.
Usinage, le cœur du savoir-faire
Dans les ateliers, le travail du laiton massif domine. Feuilles, barres ou blocs passent d'abord par une phase de découpe – le "cubage" – avant d'être repris sur une douzaine de postes d'usinage. Tours et fraiseuses façonnent alors des pièces aux géométries variées, adaptées aux standards internationaux.
Cette étape constitue le cœur du processus. Elle conditionne la précision finale des interrupteurs, prises ou liseuses, dont certaines intègrent des contraintes spécifiques, comme les modèles étanches IP44 destinés à des installations en sols ou intégrés dans des parquets, y compris en point de Hongrie.
Des réalisations que l'on retrouve notamment sur des chantiers patrimoniaux d'envergure. Les copeaux issus de l'usinage sont systématiquement récupérés, dans une logique de valorisation matière.
Traitement de surface : la science du geste
Autre pilier du savoir-faire Meljac : le traitement de surface, réalisé sur un site dédié en région parisienne. Cette étape combine procédés industriels et expertise artisanale. Polissage en trois phases, bains électrolytiques avec dépôts métalliques (notamment nickel), application de vernis : chaque opération requiert une grande précision. « C'est de la science exacte… mais aussi presque de la cuisine », tente d'expliquer un opérateur.
La marque propose aujourd'hui 29 finitions sur laiton massif. Polis miroir, satinés, patinés ou texturés, ces rendus reposent sur un équilibre subtil entre maîtrise technique et intervention humaine. L'application des vernis, réalisée au pistolet, pièce par pièce, illustre ce niveau d'exigence.
Gravure, personnalisation et sur-mesure
La différenciation passe aussi par la personnalisation. Gravure laser, sérigraphie, insertion de résine – noire ou translucide – permettent d'intégrer textes, pictogrammes ou motifs directement dans la matière, avec une durabilité élevée.
Le bureau d'études, intégré, joue un rôle central dans cette logique. Il accompagne architectes, décorateurs et prescripteurs dans le développement de solutions spécifiques : prises d'angle, supports pour équipements numériques ou commandes intégrant de plus en plus d'électronique.
Cette capacité à produire à la commande, sans stock, impose des délais maîtrisés, généralement de six à huit semaines, pouvant atteindre trois mois pour les projets les plus complexes.
Une croissance maîtrisée, tirée par l'export
En dix ans, Meljac a doublé de taille. L'entreprise compte aujourd'hui 110 collaborateurs pour un chiffre d'affaires de 14 millions d'euros en 2025. Une progression portée en partie par l'international, qui représente 45 % de l'activité, avec un poids significatif des États-Unis (15 %) et une présence croissante au Moyen-Orient.
Malgré cette dynamique, la direction revendique une croissance "raisonnée", attentive à la maîtrise des coûts et à la préservation des savoir-faire. La main-d'œuvre représente à elle seule près de 70 % du prix de revient. « Les salariés sont la véritable valeur ajoutée », insiste la direction.
Pour accompagner son développement, Meljac prépare l'ouverture d'un nouvel atelier dédié au traitement de surface à Saint-Thibault-des-Vignes. Ce projet doit permettre d'augmenter les capacités de production tout en consolidant l'intégration industrielle.
Aujourd'hui, chaque mois, entre 8 000 et 10 000 plaques sortent des ateliers, avec une variabilité importante liée au sur-mesure. Une organisation qui repose aussi sur un réseau d'une soixantaine de revendeurs à l'international et sur une montée en compétence des installateurs, formés à la pose de ces produits spécifiques.
Un positionnement entre industrie et artisanat
Au-delà des volumes, Meljac revendique un modèle hybride. « Ça reste une production industrielle, mais avec une forte dimension artisanale », résume en filigrane la visite.
Une identité qui se traduit jusque dans les détails : derrière l'usine, 200 pieds de vigne sont entretenus par les salariés, chacun associé à son plant. Un clin d'œil aux racines de l'entreprise et à une culture d'entreprise où le temps long, la précision et l'attachement au geste occupent une place centrale.
Meljac • Chiffres clés
- Création : 1995
- Fondateur : André Bousquet
- Effectif : 110 collaborateurs
- Chiffre d'affaires 2025 : 14 M€
- Part export : 45 %
- Production : 8 000 à 10 000 plaques/mois
- Labels : Origine France Garantie depuis 2012, EPV depuis 2015
(Source : Meljac)