Coédis ne veut pas être écartée du plan d’électrification des usages

, mis à jour le 17/04/2026 à 12h06
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Electricien intervenant sur un tableau électrique dans un logement collectif.

La fédération de la distribution professionnelle du second œuvre technique alerte le gouvernement sur le calendrier et les mécanismes mis en œuvre dans le cadre de la trajectoire d’électrification des usages dans le bâtiment.

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Plan d’électrification des usages : « Oui, mais pas n’importe comment ! ». Après les réactions de la Capeb, de la FFB, du Gifam, du Réseau Cler, d’industriels ou encore de l’expert de l’efficience énergétique Effy, c’est au tour de Coédis de monter au créneau.

L’organisation professionnelle souligne dans un communiqué diffusé ce 16 avril « prendre acte des annonces formulées par le gouvernement [le 10 avril] dans le cadre du plan d’électrification des usages dans le bâtiment ». Reste qu’elle appelle toutefois les pouvoirs publics à « poursuivre cet objectif avec méthode, pragmatisme et réalisme ».

Des délais (trop) courts

À commencer par le calendrier. Coédis estime que l’échéance de 2030 semble difficile à ternir en raison des réalités du parc immobilier français et de sa diversité. Face à « des délais aussi courts », il plaide pour « une approche reposant sur un mix énergétique équilibré, incluant notamment le biogaz » pour que la filière ne se heurte pas à des difficultés de mise en œuvre techniques, opérationnelles et financières notamment.

« Il faut […] tenir compte de la capacité du pays à produire l’effort souhaité, dans des conditions socialement et financièrement acceptables », met en garde la fédéation qui estime qu’« en l’état, cela n’est absolument pas garanti ».

Ne pas écarter la distribution professionnelle

Autre inquiétude soulevée par la fédération ? La place accordée aux distributeurs. Coédis rappelle que les quelque 400 sociétés adhérentes qu’il représente sont des « acteurs incontournables de l’électrification des usages et de la transition énergétique du bâti ». Et de rappeler que la profession s’oppose « fermement à tout schéma qui aurait pour conséquence de les tenir à l’écart de la dynamique en gestation ».

À cet égard, la fédération estime d’ailleurs « inacceptable[s] » les annonces de la ministre de l’Énergie, Maud Bregeon, autour de nouveaux dispositifs dont « un leasing sur les pompes à chaleur, entièrement construits autour des seuls énergéticiens et opérateurs de réseaux ».

Appel à la simplification

La complexité jugée excessive des mécanismes opérationnels à venir est également pointé du doigt. Coédis propose, par exemple, que l’État facilite « tout simplement faciliter l’octroi de prêts à taux zéro, via les banques ». Ce qui permettrait, selon la profession, de dynamiser l’ensemble de la filière.

Dans un tel climat sous pression, la fédération « demande en urgence un rendez-vous à la ministre pour clarification ». L’occasion aussi de lancer un appel à toute la filière professionnelle, « une nouvelle fois mise en danger », pour que ses positions soient entendues. 

Autant de sujets et d’interrogations qui, à n’en pas douter, seront abordés durant la première édition de “Coédis Impactˮ qui se tiendra à Paris le 21 mai prochain. En filigrane, se pose aussi la question du financement qui devrait passer de 5,5 Md€ à 10 Md€ par an, mais que de nombreux juge encore flou.

Coédis • Chiffres clés

• Environ 15 Md€ HT de chiffres d’affaires (ventes) par an, soit plus de 85 % du marché représenté.
• Plus de 400 entreprises adhérentes.
• Plus de 4 000 points de vente.
• Plus de 44 000 collaborateurs.
(Source : Coédis)

Fort de 30 ans d'expérience en presse BtoB et BtoC, Stéphane est rédacteur en chef de Zepros Négoce et Zepros Safety, passionné par les enjeux liés aux transitions environnementales et digitales dans le BTP.
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