[Canicule] La Capeb alerte sur l’impact des aléas climatiques chez les artisans
ÉTUDE • Réalisée auprès de plus de 2 200 entreprises artisanales, une étude inédite de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du Bâtiment (Capeb) confirme que les épisodes de chaleur pèsent d'abord sur le fonctionnement des chantiers et les conditions de travail, bien avant de provoquer des dégâts matériels.
Alors que la France traverse un nouvel épisode de canicule, la Capeb publie les premiers résultats de son enquête « Impact climatique », conduite au printemps 2026. Plus de 90 % des 2 200 entreprises artisanales interrogées déclarent être exposées aux épisodes de chaleur, tandis que sept sur dix estiment que ces aléas se sont intensifiés au cours des cinq dernières années.
Plus de 80 % des répondants n'ont subi aucune conséquence sur leurs locaux ou équipements. En revanche, 58 % font état de retards de chantiers, 55 % d'horaires décalés, 53 % de fatigue ou d'arrêts chez leurs salariés. Le stress des dirigeants ressort comme un signal fort, mentionné par 62 % des chefs d'entreprise.
Ce sont donc d'abord les chantiers qui trinquent — et tous les métiers ne sont pas logés à la même enseigne : maçons et carreleurs figurent parmi les plus touchés, tandis que les électriciens et les plombiers-chauffagistes apparaissent comme relativement moins affectés.
Face à ces perturbations, 70 % des entreprises ont déjà modifié leurs horaires de travail. Ces ajustements témoignent d'une capacité d'adaptation concrète, fondée sur l'expérience de terrain. La Capeb appelle néanmoins à aller plus loin et à aider les entreprises à mieux anticiper ces épisodes, plutôt que de simplement y réagir.
« La santé des salariés n'est pas négociable. Si la société impose ces adaptations, elle doit aussi en partager les conséquences. »
Jean-Christophe Repon, président de la Capeb
Partager le coût économique des arrêts climatiques
La protection de la santé des salariés reste une priorité absolue pour la Capeb, qui rappelle que les entreprises appliquent les mesures imposées par les autorités en période de canicule. Mais elle alerte sur le poids économique que ces interruptions font peser sur les TPE.
« La santé des salariés n'est pas négociable. Si la société impose ces adaptations, elle doit aussi en partager les conséquences », affirme Jean-Christophe Repon, président réélu de la Capeb. L'organisation demande une adaptation des dispositifs existants — régime intempéries, activité partielle — afin de couvrir les heures non travaillées et de préserver la trésorerie des artisans.
Une demande en mutation, des artisans en première ligne
Les aléas climatiques font également évoluer la nature des travaux demandés aux entreprises. De nouveaux besoins apparaissent, portant sur la remise en état des toitures après sinistre, l'amélioration du confort d'été et les travaux d'isolation. Cette demande reste encore diffuse, ce qui appelle, selon la Capeb, à mieux structurer l'offre de travaux d'adaptation.
Pour y répondre, la Capeb défend une rénovation par étapes, fondée sur des mono-gestes cohérents — isolation de toiture, remplacement des menuiseries, ventilation, régulation thermique.
Les pompes à chaleur ont toute leur place, mais elles ne remplacent pas les travaux sur l'enveloppe du bâtiment, dont dépend leur performance », souligne le président de la Capeb. Une approche que l'organisation juge plus accessible pour une large partie des ménages que les rénovations globales, souvent complexes et coûteuses.