[Génie climatique] Saint-Gobain vend son enseigne scandinave Dahl au finlandais Kesko
CESSION • Le géant mondial des matériaux de construction vient de signer un accord définitif avec le groupe finlandais Kesko pour se séparer de ses activités de distribution CVC en Suède, en Norvège et au Danemark. La transaction d’un montant de 1,5 Md€ s’inscrit dans la stratégie de recentrage de Saint-Gobain sur ses cœurs de métier.
Saint-Gobain se désengage un peu plus d’Europe du Nord. Après avoir vendu entre autres Protrae, son ex-activité Bois & Dérivés au Danemark, en 2022, le groupe a annoncé le 15 juin dernier une nouvelle cession d’actifs en Scandinavie.
Un accord définitif a été signé avec le groupe finlandais Kesko pour lui vendre ses activités de négoce en plomberie, sanitaire et chauffage en Suède, en Norvège et au Danemark. Montant de l’opération : 1,518 Md€ – soit l’équivalent de « 10,4 fois l’Ebitda 2025 intégrant les dettes locatives », précise Saint-Gobain dans un communiqué.
Ces activités opérées « principalement sous la marque Dahl [une enseigne suédoise fondée par les frères Dahl en 1866 : Ndlr] » avaient été acquises par Saint-Gobain en 2004. Elles ont dégagé un chiffre d’affaires d’environ 2 Md€ l’an passé dont 35 % via le digital, avec un réseau de 190 agences, trois entrepôts centraux automatisés, plus de 70 000 clients revendiqués et 2 700 employés.
Le n°1 de Saint-Gobain, Benoit Bazin, justifie cette vente comme s’inscrivant « pleinement dans notre stratégie visant à optimiser en permanence – par nos investissements, nos acquisitions et nos cessions – le profil d’activité de Saint-Gobain en ligne avec notre plan “Lead & Grow” ».
Rachat historique pour Kesko
À l’image d’autres grands groupes industriels tricolores, Saint-Gobain cherche à rationaliser son portefeuille pour renforcer sa compétitivité. L’opération vise à concentrer les ressources sur ses activités cœur de métier : matériaux de construction haute performance, isolation thermique et acoustique, verre architectural, distribution et mobilité durable.
Dans un communiqué distinct, le repreneur souligne que la transaction représente « la plus importante acquisition de son histoire ». Positionné sur trois marchés (distribution alimentaire, automobile et négoce Bâtiment), le conglomérat finlandais (1 700 points de vente au total implantés dans huit pays d’Europe du Nord, environ 39 000 salariés) estime qu’« une fois finalisée, cette acquisition fera du négoce de matériaux et de produits en second œuvre technique [sa] plus importante division ».
Selon son PDG Jorma Rauhala, « Kesko vise un chiffre d’affaires [consolidé] d’environ 20 Md€ (contre 12,5 Md€ en 2025) et un chiffre d’affaires de la division Négoce d’environ 10 Md€ (vs 4,7 Md€ en 2025) à l’horizon 2030 ». Avec un objectif de marge opérationnelle de l’activité Négoce « fixé entre 6 % et 8 % » – soit un niveau un peu supérieur à ce que réalise en général le négoce Bâtiment en France.
L’opération qui « devrait être finalisée d’ici au début 2027 », selon Saint-Gobain, reste conditionnée au feu vert des autorités de la concurrence des pays concernés et à la consultation des instances représentatives du personnel. Un délai d’instruction plutôt long reflétant l’ampleur du rachat qui devrait, sans doute, redessiner, au moins en partie, les contours du paysage de la distribution spécialisée CVC et sanitaire dans le nord de l’Europe.