Face aux fortes chaleurs, la majorité des logements français sont inadaptés

, mis à jour le 19/06/2026 à 09h56
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Thermomètre et canicule.

ÉTUDE • Société indépendante de conseil et d’ingénierie en bâtiment, énergie, environnement, Pouget Consultants a analysé plusieurs millions de DPE, notamment l’indicateur de confort d’été pour évaluer l’adaptation des logements aux canicules. Les résultats révèlent que le bâti est loin de répondre aux besoins, y compris dans des constructions... récentes.

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À la demande d’Ignes (alliance d’industriels des solutions électriques et numériques pour le bâtiment), Pouget Consultants a passé au crible près de neuf millions de DPE sur la base de données Ademe, étudiant notamment la question de l’indicateur du « confort d’été ».

Pis. Cette étude révèle que près de neuf logements sur dix « ne sont pas adaptés aux fortes chaleurs, y compris dans les logements récents (RT 2012/RE 2020) et même ceux performants énergétiquement (classés A ou B) ».

Selon le bureau d’études, « près d’un logement sur deux est considéré comme bouilloire thermique ». Raison quasi exclusive : le manque de protections solaires. Les bâtiments performants restent touchés par le phénomène, qui même s’ils s’avèrent efficaces en hiver, peuvent se transformer en piège à chaleur l’été.

Autre constat, le nombre de logements classés « Bon » pour le confort d’été – seulement 12 % – ne progresse pas malgré l’évolution des réglementations ces dernières années : dans le neuf (RE 2020) la proportion n’est que de 20 %.

Une approche géographique fait apparaître que les grandes villes sont évidemment très exposées aux phénomène des îlots de chaleur en concentrant un nombre important de bouilloires thermiques (avec une proportion supérieure à 50 % comme à Paris ou Lille). A contrario, certaines villes comme Nice, Villeurbanne, Saint-Etienne, Annecy et Tours se montrent comme mieux adaptées aux fortes chaleurs.

Pouget Consultants note aussi que de nombreux logements équipés de climatiseurs (PAC air/air) n’ont pas subi d’autres travaux d’adaptation aux canicules, pourtant obligatoires, dont l’installation de protections solaires sur les façades exposées.

Près de 9 logements sur 10 « ne sont pas adaptés aux fortes chaleurs, y compris dans les logements récents (RT 2012/RE 2020) et même ceux performants énergétiquement (classés A ou B). »
Pouget Consultants

Le confort d’été pas encore au cœur des préoccupations

Le ministère de la Transition écologique a beau avoir présenté un premier bilan du Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC 3) initié en mars 2025, certaines mesures « ne répondent encore que partiellement à l’urgence d’adapter les logements aux fortes chaleurs ».

Le groupement Actibaie de la FFB liste les mesures présentées par la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, et le ministre de la Ville, Vincent Jeanbrun : réduction de la TVA pour les fameuses PAC air/air, révision des seuils de confort d’été dans la RE 2020, réalisation d’un état des lieux des fenêtres non protégées dans le parc HLM afin de quantifier les besoins du parc social, et simplification des démarches d’installation de volets et stores en copropriétés.

D’autres solutions restent encore inexploitées, notamment l’incorporation d’équipements de confort d’été dans MaPrimeRénov’ par gestes, l’adoption de la TVA réduite pour tous les types de volets et stores, ou l’obligation de l’étude du confort d’été dans les projets de rénovation performante…

Pouget Consultants de son côté, estime qu’il faudrait revoir la méthodologie de l’indicateur de confort d’été, afin de le rendre plus proche de la réalité en tenant compte de la localisation du bien (climat local, environnement proche…). Et la performance des équipements mériterait aussi d’être mieux prise en compte pour refléter leur capacité à éviter la surchauffe estivale.

Fort de 13 ans d’expérience dans la presse bâtiment, Grégoire, Rédacteur en chef de Zepros Bâti depuis 2019, est spécialisé dans les matériaux, l’isolation, la charpente, la couverture et les innovations énergétiques.
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