Plan “Relance du logement” : dix nouvelles mesures dans un projet de loi

, mis à jour le 02/07/2026 à 10h27
Image
Vincent Jeanbrun

RÉGLEMENTATION • Ministère de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun a présenté ce 24 juin le contenu du projet de loi sur la relance du logement, tant la crise apparaît comme une « bombe sociale ». Afin de produire deux millions de logements d’ici à 2030, le gouvernement entend « bâtir plus vite, mieux et pour tous ». Précisions.

Partager sur

Le Premier ministre avait déclaré faire du logement une priorité nationale. Lors d’une visite à Rosny-sous-Bois en janvier 2026, un objectif avait été fixé : produire deux millions de logements d’ici à 2030 tout en accélérant la rénovation énergétique. Dans le détail, le gouvernement ambitionne de produire « près de 400 000 logements par an dont près de 125 000 logements sociaux ». Près de 150 quartiers seront concernés par le nouveau programme national de renouvellement urbain (PNRU3).

Du côté de la rénovation, il est prévu que 50 000 logements locatifs privés fassent l’objet du dispositif Jeanbrun, porté par le ministre du Logement (dispositif disponible depuis février 2026 pour mobiliser l’épargne en faveur de l’investissement locatif).

Il est ainsi possible de déduire de ses revenus locatifs une partie du prix d’achat du bien ainsi que de l’ensemble des charges liées, notamment les travaux, les intérêts des emprunts et la taxe foncière en imputant ce déficit sur le revenu global.

Afin de faciliter encore les choses, le projet de loi prévoit que le « seuil de travaux soit abaissé de 30 à 20 % du prix du bien, afin de faciliter les projets de rénovation ». Pour un bien acquis 200 k€, le montant minimal de travaux nécessaire passe ainsi de 60 à 40 k€. Ce qui diminue l’ambition des réhabilitations…

En tout, 700 000 logements devront être rénovés et remis sur le marché grâce à un assouplissement de l’interdiction de location des passoires thermiques. Techniquement, les biens classés « F » et « G » pourront encore être loués « en contrepartie d’un engagement de travaux effectifs ».

Le ministère argumente : « Concrètement, les propriétaires pourront louer leur bien à condition de s’engager à réaliser des travaux dans un délai de 3 ans pour les maisons individuelles et 5 ans pour les copropriétés ». Pour le logement social, 500 M€ supplémentaires seront affectés aux bailleurs pour la rénovation de leur parc.

Toutefois, notons qu’il existe 700 bailleurs sociaux en France, ce qui disperse l’enveloppe à 715 k€ en moyenne par opérateur, ce qui permet de financer la rénovation lourde d’une vingtaine de logements chacun.

Territorialiser la politique du Logement

Autre mesure annoncée, très spécifique géographiquement celle-là : « Faciliter la transformation de bureaux en logements du quartier d’affaires de La Défense ». L’idée est de faire de cette zone historiquement centrée sur l’immobilier tertiaire, un quartier plus diversifié et plus attractif.

Concernant les territoires justement, le projet de loi annonce vouloir renforcer leur rôle dans la politique du logement, et conforter les pouvoirs des maires dans l’attribution de logements sociaux. Ces derniers pourront proposer des candidats et les classer, sans toutefois définir eux-mêmes les critères d’attribution.

« En confiant davantage de responsabilités aux acteurs locaux, le Gouvernement fait le choix d’une politique du Logement plus territorialisée et plus efficace », écrit le ministère. La mise en œuvre du projet de loi reposera sur un pilotage régulier et un suivi des résultats, afin de garantir l’atteinte des objectifs fixés et d’accompagner la transformation engagée. Le temps dira si les résultats sont probants.

Fort de 13 ans d’expérience dans la presse bâtiment, Grégoire, Rédacteur en chef de Zepros Bâti depuis 2019, est spécialisé dans les matériaux, l’isolation, la charpente, la couverture et les innovations énergétiques.
Partager sur

Inscrivez-vous gratuitement à nos newsletters

S'inscrire