Le négoce Décoration à -0,9 % au S1 2026 (FND)
CONJONCTURE • Avec un peu moins de 1,3 Md€ d’activité au premier semestre 2026, le négoce en décoration limite son recul à 0,9 % vs le S1 2025. Une résistance relative dans un marché toujours sous pression pour l’instant.
À l’aune du dernier baromètre DécoData, le constat dressé par la Fédération nationale de la décoration (FND) est sans ambiguïté : le marché ne décroche pas, mais ne parvient toujours pas à sortir de l’ornière. Après une année 2025 encore orientée à la baisse, le premier semestre 2026 confirme « une dégradation [qui] n’est toujours pas enrayée ».
Derrière ce recul global de l’activité (-0,9 %), la profession affiche des chiffres très différents selon les familles de produits. La peinture résiste plutôt bien avec un repli limité à 0,2 % pour un chiffre d’affaires de 598 M€. En revanche, les revêtements de sols et murs accusent une baisse de 4,9 % (à 273 M€). Au rayon Équipement, les ventes ont reculé de 3 % (à 69 M€), tandis que les consommables progressent légèrement de 0,6 % (à 159 M€).
Une catégorie tire toutefois son épingle du jeu : l’isolation thermique par l’extérieur (ITE) en hausse de 7,3 % (à 100 M€). Pour la FND, cette progression illustre surtout « le potentiel considérable de la rénovation énergétique ». La dynamique reste certes positive, mais demeure très en-deçà des besoins du marché liés à la sobriété énergétique et à l’amélioration du confort des bâtiments.
Des volumes sous pression, les modèles évoluent
Le recul du marché des sols et murs constitue l’un des principaux signaux d’alerte. Il traduit, selon la FND, une économie dans laquelle les décisions d’investissement restent contraintes. Construction neuve, transactions immobilières et consommation des ménages — les trois moteurs traditionnels du marché — patinent toujours.
Les arbitrages des ménages pénalisent notamment les travaux de décoration, tandis que la construction neuve ne génère pas encore suffisamment d’activité pour alimenter rapidement les ventes de la distribution professionnelle.
Dans ce climat d’affaires tendu, la profession continue de se transformer. Avec 2,5 Md€ de chiffre d’affaires annuel mesuré par la FND, elle garde une place centrale dans l’approvisionnement des peintres et applicateurs. Le ralentissement concerne davantage la décoration dite “plaisir” que les besoins essentiels liés à la rénovation, à l’entretien et à l’amélioration de l’habitat.
« Mon message à la profession est simple : “Tenons bon !”. Notre métier conserve toute sa raison d’être. Le marché ne change pas, mais les besoins de rénovation, d’entretien et d’amélioration de l’habitat sont toujours là. »
Philippe Poujol, président de la FND
Cette évolution contraint les distributeurs à revoir leurs modèles. Consolidation des acteurs, nouvelles logiques d’enseigne, développement de nouveaux services aux professionnels et digitalisation de l’information demeurent des leviers de productivité et d’adaptation.
Objectif ? Absorber la hausse des coûts des matières premières, des tarifs fournisseurs et la complexité réglementaire tout en maintenant la valeur apportée aux clients.
La pression sur les volumes agit ainsi comme un accélérateur de mutations déjà engagées depuis quelques années. Président de la FND, Philippe Poujol dresse ce constat : « La crise accélère des mutations qui étaient déjà engagées. Services, organisation, digitalisation : le négoce doit aujourd’hui transformer ses modèles pour rester compétitif et continuer à créer de la valeur pour ses clients ».
Du mieux en 2028 ?
La fédération n’envisage pas d’amélioration immédiate de la conjoncture. « Les prochains mois resteront difficiles », selon elle tout en identifiant « 2028 comme un possible horizon de réalignement, sous réserve d’un redémarrage de la construction ».
Cette échéance pourrait aussi coïncider avec « le renouvellement du cycle [des travaux] de décoration estimé à environ sept ans après le pic de 2021 ». En attendant, le défi pour le négoce est double : tenir dans un environnement dégradé et « préparer les conditions de la reprise ».
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