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« Capitaliser sur notre histoire tout en accélérant le développement »

, mis à jour le 09/01/2026 à 08h31
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Caroline Semin, directrice générale du groupe Semin

À seulement 33 ans, Caroline Semin dirige le groupe familial du même nom. Son ambition : poursuivre la transformation et la croissance de l’entreprise désormais internationale. Avec un focus sur l’environnement.

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Quel a été votre parcours avant d’entrer dans le groupe familial ?

Caroline Semin : J’ai suivi une école de commerce post-bac où l’alternance représentait plus de la moitié du cursus. C’était exactement ce qu’il me fallait : j’ai besoin de concret. Ma première expérience s’est déroulée chez Actis, une entreprise familiale française spécialisée dans l’isolation. J’ai eu un véritable coup de cœur pour ce secteur : un univers très tangible, authentique. Très naturellement, à la fin de mes études, j’ai rejoint le groupe Semin.

Quelles ont été vos premières responsabilités au sein de Semin ?

C. S. : À mon arrivée, j’ai passé deux ans sur le terrain, en Île-de-France, comme commerciale. Cette immersion m’a permis de comprendre le marché, les attentes des clients, et ce que vivent les équipes au quotidien. J’ai été très bien accompagnée.

« Avec mon père, nous formons un binôme très complémentaire. »

Et très vite, vous êtes devenue directrice générale…

C. S. : J’avais 25 ans. C’était un défi immense, mais j’ai eu la chance que mon père me fasse confiance. En prenant mes nouvelles fonctions, j’ai dressé un état des lieux : nos forces et faiblesses, les opportunités et menaces du marché. J’ai reçu un excellent accueil. Les équipes étaient rassurées de voir que je m’engageais pleinement dans la reprise de l’entreprise. Mon objectif n’était pas de tout révolutionner mais de m’inscrire dans la continuité : capitaliser sur notre histoire, nos savoir-faire, tout en accélérant notre développement.

Bio express

• Âge : 33 ans
• Études : école de commerce ISTEC
• Fonction actuelle : directrice générale du Groupe Semin, nommée à 25 ans

Le groupe a bien grandi. Où en sont aujourd’hui les contours ?

C. S. : Quand mon père a pris les rênes, en 1982, l’entreprise comptait 12 salariés. Aujourd’hui, nous sommes 900 ! Mais l’origine de Semin date de 1838. Avec un métier historique : la fabrication de plâtre en Lorraine. Faute de gypse, l’entreprise a dû se transformer. Notre cœur de métier, aujourd’hui, ce sont les colles et les enduits. Puis nous avons développé d’autres produits : bandes à joint et armées, ossatures métalliques, trappes de visite, accessoires de pose pour la plaque de plâtre. Et, plus récemment, l’isolation, à travers la reprise de Buitex, qui fait dans le biosourcé et écosourcé.

« Je suis une manageuse directe, bienveillante et tournée vers la performance. »

Apporter des réponses environnementales, c’est la “touche Caroline” ?

C. S. : C’est un enjeu majeur à mes yeux. L’impact du bâtiment sur l’énergie et l’environnement est immense. Nous avons un rôle clé à jouer. Et c’est du concret : développer des solutions qui décarbonent, c’est extrêmement motivant ! Nous menons beaucoup de recherche, mais l’essentiel est dans le développement : il faut transformer l’essai ! C’est ainsi qu’est née notre gamme d’isolants biosourcés Semin Style, d’ailleurs récemment récompensée par le jury des Awards Zepros Réno. Une gamme pensée en circuit court, affichant un faible impact sur l’ensemble du cycle de vie, et offrant de très bonnes performances, y compris en confort d’été. Nous comptons poursuivre l’élargissement de nos gammes. Les artisans attendent des solutions utiles, fiables et accessibles.

Quel type de manageuse êtes-vous ?

C. S. : La bienveillance fait partie de l’ADN familial de Semin. L’état d’esprit positif irrigue toute l’entreprise, y compris le management. Je tutoie tout le monde. Je dis quand ça ne va pas, mais je sais reconnaître ce qui va bien. Je suis droite, assez directe, et très présente dans l’opérationnel. Devenir maman m’a transformée : j’ai gagné en patience, en organisation et en capacité d’anticipation. Avec deux bébés en deux ans, ce n’est plus possible d’être à fond en permanence… Il faut accepter de lever le pied et comprendre que la vie professionnelle est une course de fond, pas un sprint.

« Oser rêver grand, rester optimiste et bien s’entourer. »

Votre père continue de vous accompagner…

C. S. : Nous formons un duo très complémentaire. Nous nous ressemblons sur beaucoup d’aspects, mais nous avons aussi nos différences. Sur le business, nous sommes très alignés. Je suis parfois plus exigeante sur la rentabilité et les marges ; lui est davantage tourné vers le développement et le long terme. Nous partageons la même ambition pour la R&D et la dynamique commerciale. Sur la RSE, je suis particulièrement engagée. Lui porte davantage le volet financier. Les projets stratégiques, en revanche, se construisent à deux. Aujourd’hui, nous travaillons intensément sur notre développement international, avec des projets industriels au Maroc et en Inde ; et la consolidation d’un rachat récent au Royaume-Uni, Wondertex.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui reprennent l’entreprise familiale ?

C. S. : D’abord, faire ce qui les passionne : c’est le point de départ. Oser rêver grand, se donner les moyens, travailler, et bien s’entourer. Et rester autant que possible optimiste. C’est un trait que je partage avec mon père : c’est un moteur incroyable !

Semin en chiffres

• 9 sites de production en France, 4 à l’étranger
• 900 collaborateurs
• Produits distribués dans 74 pays
• 4 M€ de budget R&D
• 2,5 M€ consacrés à la transition écologique
• +10 % de croissance moyenne par an

Rédacteur en chef de Zepros Énergie et Zepros Réno, expert de la transition énergétique dans le bâtiment.
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