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ToolStation devrait se retirer du marché français

Stéphane Vigliandi
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ToolStation, comptoir de Saint-Priest (69).

Si l’enseigne britannique à bas prix se porte plutôt bien outre-Manche, elle souffre en France, tout comme en Belgique et aux Pays-Bas – les trois pays où ToolStation est présent en Europe continentale. La maison-mère Travis Perkins envisage de cesser les activités de sa filiale française.

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Est-ce bientôt la fin de l’aventure ToolStation dans l’Hexagone ? Dix ans après être arrivée sur le marché français d’abord via un site marchand, puis en déployant progressivement un réseau d’agences, l’enseigne spécialisée en quincaillerie et outillage pourrait bientôt céder ses 51 comptoirs essentiellement implantés dans le Sud-Est (environ 400 salariés).

C’est ce qu’envisage sérieusement la direction de Travis Perkins. Lors de la publication de ses résultats financiers 2023, le groupe côté à la bourse de Londres a fait état d’un manque de rentabilité de ToolStation France.

Si les ventes ont encore bondi de 29 % l’an dernier (à périmètre non comparable), la filiale a affiché des pertes de 18 M£ (± 21 M€) alors que le distributeur a ouvert six points de vente supplémentaires. En 2024, le discounter devrait encore perdre pas moins de 20 M£ (près de 23,5 M€). L’an dernier pourtant, la direction de ToolStation France nourrissait encore de solides ambitions : ouvrir... 80 comptoirs supplémentaires dans la moitié Est d’ici à 2029.

L’enseigne ToolStation génère environ 20 % des revenus consolidés de Travis Perkins.

La messe (déjà) dite ?

« Bien que le marché français présente de réelles opportunités », le Britannique avance plusieurs facteurs pour justifier sa décision. Au-delà d’un climat d’affaires actuellement très tendu dans le Bâtiment, ToolStation France a, entre autres, fortement investi ces derniers mois pour accroître la notoriété de la marque, notamment en radio. Sans pour autant se traduire par des effets sonnants et trébuchants. Le groupe a – surtout ! – injecté 2,5 M€ pour redimensionner la logistique de l’enseigne dans l’Hexagone.

Désormais, la maison-mère juge qu’elle ne peut plus continuer à investir pour que sa business unit hexagonale atteigne un niveau de rentabilité acceptable. « La direction confirme aujourd’hui qu’elle travaille sur un plan pour une éventuelle sortie de l’entreprise » du marché français, a précisé le conseil d’administration de Travis Perkins le 5 mars.

Un porte-parole du groupe a par ailleurs précisé que « toute décision sera soumise à des procédures de consultation préalable avec les représentants des salariés concernés ». Manière implicite d’indiquer que la messe serait (déjà) dite pour ToolStation France ?

Des bénéfices groupe en recul

Quoi qu’il en soit, Nick Roberts, le DG de Travis Perkins, souligne qu’« alors que les conditions de marché devraient rester défavorables en 2024, l’entreprise se concentre entièrement sur l’amélioration de la rentabilité ».

Sur l’exercice 2023, le groupe a enregistré un chiffre d’affaires en baisse de 3,1 % à 4,8 Md£ (5,6 Md€) contre une croissance de 6 % en 2022. En revanche, le bénéfice avant impôt, lui, a fondu ; passant de 245 M£ (286,6 M€) en 2022 à 70 M£ (82 M€) l’an dernier.

Au Royaume-Uni, ToolStation revendique néanmoins avoir « encore gagné des parts de marché » : un pays où 163 magasins ont ouvert entre 2020 et 2022. Si la Belgique et les Pays-Bas ont accusé des pertes l’an dernier, elles restent cependant moins élevées qu’en France. La direction de Travis Perkins escompte d’ailleurs que le seuil de rentabilité devrait être atteint dès 2025 aux Pays-Bas, et en 2028 côté belge.

Dans l’Hexagone, le groupe va devoir rechercher un ou des repreneurs. Par exemple Screwfix dont le business model est très proche de celui ToolStation et qui multiplie depuis plusieurs mois les ouvertures et dont le modèle est très proche de celui de ToolStation ? À moins que la vente des fonds de commerce ne se fasse par lots auprès de plusieurs enseignes ? À suivre...

Stéphane Vigliandi
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