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L’Alliance des éco-matériaux propose trois leviers pour démocratiser le marché

, mis à jour le 06/10/2026 à 18h26
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Les membres de l'Alliance des éco-matériaux sur le salon Batimat, à Paris, le 30/09/2026.

TRANSITION ENVIRONNEMENTALE • À Batimat, l’Alliance des éco-matériaux a dévoilé une série de propositions-chocs pour structurer et accélérer le développement la filière des biosourcés et géosourcés : TVA à taux réduit, principe d’écoconditionnalité des aides et création d’un fonds dédié.

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Souveraineté énergétique et industrielle, atténuation et adaptation au changement climatique, valorisation patrimoniale et culturelle du bâti, attractivité des métiers… Alors que l’Alliance des éco-matériaux martèlent dur comme fer que « les écomatériaux sont les matériaux du XXIe siècle », ce collectif « informel » de dix-sept organisations et associations professionnelles – dont la Fédécomat, l’AICB, AsTerre, Fibois France, InterChanvre, Ekopolis et le Conseil national de l’Ordre des architectes –  a profité du salon Batimat pour valoriser « les multiples bénéfices tangibles » du biosourcé et du géosourcé, tant en construction neuve qu’en rénovation.

L’occasion aussi d’interpeller les pouvoirs publics pour favoriser et accélérer le développement d’une filière déjà plus ou moins mature. À la tête de l’Association des industriels de la construction biosourcée (AICB), Vincent Hannecart rappelle ainsi que « sur le marché de l’isolation par exemple, la France est le pays européen le plus avancé en termes de recours aux matériaux biosourcés dont la part de marché est passée de 1 % à 10 % en dix ans. Rien qu’au cours des cinq dernières années, les fabricants de la filière ont investi pas moins de 150 M€ pour développer l’offre ».

Et d’ajouter que « ce sont là autant de solutions qui s’inscrivent dans un cadre normatif strict (Acermi, ATEx, label Bâtiment biosourcé…) et le respect des règles de l’art ». En écho, Fabien Gantois, le vice-président du Conseil national de l’Ordre des architectes (CNOA), souligne que « les écomatériaux cochent toutes les cases pour produire des logements plus résilients, et apportent une réponse concrète et mobilisable immédiatement ».

« À isocoût, les maîtres d’ouvrage, particuliers comme professionnels, s’orienteront plus naturellement vers les écomatériaux, permettant d’accélérer la structuration des filières », estime l’Alliance des éco-matériaux.

TVA à taux réduit et fléchage des aides

Opérationnelle depuis fin février 2026, l’Alliance porte tout d’abord deux mesures qu’elle juge « simples » à mettre en œuvre « pour compenser l’écart de coût encore observé avec les matériaux conventionnels ». Primo, en s’inspirant du système de bonus-malus pour décarboner le secteur automobile, elle souhaite l’instauration d’un taux de TVA réduit sur les écomatériaux en fourni-posé – en passant de 20 % à 10 % dans le neuf, et de 5,5 % ou 10 % à 2,1 % en rénovation.

« Notre filière n’étant pas sur les mêmes volumes mis en œuvre par rapport aux matériaux classiques, il s’agit d’un “coup de pouce” visant à pallier les surcoûts qui existent encore aujourd’hui », argumente Véronique Pappe, la directrice d’Ekopolis.

Secundo, dans un contexte budgétaire contraint, le collectif suggère « l’introduction d’un principe d’écoconditionnalité » dans les dispositifs d’aide publics visant à flécher « en priorité » les projets intégrant des écomatériaux (en neuf ou en rénovation), et en leur octroyant « un montant d’aide plus important ».

Pour l’Alliance, deux types de dispositifs seraient concernés. D’une part, « les subventions accordées aux collectivités pour la construction ou la rénovation de leurs équipements publics dans le cadre du Fonds vert ou des soutiens apportés localement par des collectivités territoriales ou des organismes de soutien à la rénovation comme ACTEE [le programme d’Action des collectivités territoriales pour l’efficacité énergétique : Ndlr] ».

D’autre part, « les aides à la rénovation énergétique des logements des particuliers financées par l’Anah, ainsi que leurs compléments de financement apportés par certaines collectivités locales ».

L’Alliance demande par ailleurs aux établissements bancaires (Banque des Territoires, banques privées) d’« introduire des bonifications de taux dans leurs offres de prêts envers les projets de collectivités intégrant une quantité significative d’écomatériaux » – sans préciser, pour l’instant, quel serait ce niveau.

Création d’un fonds de 2 Md€

La troisième mesure concerne la création d’un fonds dédié au financement de la transition écologique du bâti qui ne puiserait pas dans le budget de l’État. S’inspirant du modèle de financement du réseau de transport en commun dans le cadre du Grand Paris Express, l’Alliance plaide pour le prélèvement d’une nouvelle taxe sur les résidences secondaires.

Ce fonds serait alimenté par « une contribution spécifique de 6 % » assise sur les frais de notaire (droits de mutation à titre onéreux) pour un montant que le collectif a évalué « à environ 2 Md€ ». Sa vocation ? « Renforcer les lignes budgétaires affectées au soutien de la rénovation énergétique des collectivités et des particuliers intégrant des écomatériaux », argmente l’Alliance.

Reste à savoir si l’ensemble de ces mesures recevront un écho favorable auprès des pouvoirs publics alors que le gouvernement a dévoilé la première ébauche de son projet de loi de finances (PLF) de 2027 dont l’examen débute le 13 octobre prochain à l’Assemblée nationale.

Fort de plus de 30 ans d'expérience en presse BtoB et BtoC, Stéphane est rédacteur en chef de Zepros Négoce et Zepros Safety, passionné par les enjeux liés aux transitions environnementales et digitales dans le BTP.
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