La Fédécomat à l’initiative de la création de l’Alliance éco-matériaux
Lors de la 15e édition du Forum international bois construction, à Paris, quinze organisations professionnelles du bâtiment et de l’écoconstruction ont signé la charte créant l’Alliance éco-matériaux : un nouveau collectif dont la mission vise à accélérer le développement des filières de matériaux géosourcés ou biosourcés. Le projet a été porté, dès l’origine, par la Fédécomat qui représente les négoces spécialisés en écomatériaux.
Dans un contexte d’urgence climatique et de pression réglementaire croissante (notamment le seuil 2031 de la RE 2020 où l’usage de matériaux très bas carbone deviendra systématique ou presque), quinze organisations professionnelles du bâtiment et de l’écoconstruction (voir la liste ci-dessous) viennent de mettre sur pied l’Alliance éco-matériaux.
Son lancement a été officialisé à l’occasion du Forum international bois construction qui se déroule à Paris du 25 au 27 février. Créée fin 2024 et défendant les intérêts des négoces spécialisés en écomatériaux, « la Fédécomat est à l’initiative de ce projet d’alliance. Nous avions engagé la dynamique il y a environ un an avant de rassembler les partenaires autour de cette démarche collective et fédératrice », précise Laurence Kawecki, l’un des membres fondateurs de cette fédération et qui dirige le négoce LGK basé à Belfort (90) depuis 2008.
En fil rouge, il s’agit d’accélérer la décarbonation des bâtiments qui, aujourd’hui, pèse près de 25 % des émissions nationales de gaz à effet de serre dans l’Hexagone, selon l’association BBCA (Bâtiment bas carbone). Ces rejets doivent baisser de 5 % par an d’ici à 2030 contre 2 % l’an entre 2017 et 2024 selon le projet de Stratégie nationale bas carbone (SNBC 3).
Ambition prioritaire du collectif ? Faire changer d’échelle l’usage des matériaux biosourcés et géosourcés (bois, chanvre, paille, fibres de bambou, terre crue...) dont les filières sont déjà opérationnelles dans certains territoires, mais encore trop souvent sous-exploitées pour pouvoir généraliser les chantiers à faible empreinte en CO2.
Dans un communiqué, l’Alliance souligne que « le bâti a un potentiel de décarbonation immédiatement activable », d’autant que « le secteur du BTP représente en France le premier gisement de décarbonation à court terme ». Avec, à la clé, un levier principal pour y parvenir : rénover plutôt que construire.
« Les matériaux de construction d’origine bio ou géosourcée […] faiblement transformés sont encore peu utilisés. Pourtant, les filières sont aujourd’hui opérationnelles et peuvent significativement contribuer à la décarbonation du secteur [du BTP]. »
L’Alliance éco-matériaux, le 25/02/2026
Circuits courts et souveraineté d’approvisionnement
Les quinze membres signataires de l’Alliance rappellent que les écomatériaux présentent un double avantage. Ils nécessiteraient peu de transformation industrielle et stockent du CO2 durant tout le cycle de vie du bâtiment.
Au-delà de l’aspect environnemental, les bénéfices techniques sont concrets : amélioration du confort d’été face aux canicules à répétition, meilleure gestion de l’humidité dans le bâti ancien et développement des filières en circuit court pour assurer une souveraineté d’approvisionnement en écomatériaux. L’Alliance entend ainsi « fédérer la filière », « soutenir les pratiques professionnelles durables » et peser dans le débat public auprès des pouvoirs publics et des parlementaires.
Parmi les pistes de réflexion et actions à venir, elle va plaider pour l’adoption d’un taux de TVA réduit à 5,5 % pour les matériaux bio ou géosourcés, l’application d’un bonus-malus carbone « favorisant les écomatériaux et pénalisant ceux issus des filières carbonées ».
Enfin, le collectif souhaite un fléchage des aides d’État ou des collectivités territoriales vers les bâtiments intégrant « un taux significatif » de solutions constructives bas carbone. Avec ce message adressé à l’attention des pouvoirs publics et aux acteurs du BTP : le biosourcé et le géosourcé s’avèrent « un marché immédiatement mobilisable » et « économiquement viable ».
• AICB : Association des industries des matériaux de construction biosourcée
• AsTerre : Association nationale des professionnel.les de la terre crue
• Cluster Robin.s : cluster Construction Bois & Biosourcés de Bourgogne-Franche-Comté
• Conseil national de l’ordre des architectes
• Construire en chanvre
• Échobat : réseau d’acteurs économiques impliqués dans l’écoconstruction solidaire
• Ékopolis : pôle francilien de ressources pour le bâtiment et l’aménagement durables
• Fédécomat : fédération des négoces en éco-matériaux
• Fédération Éconconstruire : fédération des organismes de formation en écoconstruction
• Fibois France : réseau des interprofessions régionales de la filière forêt-bois
• France Bois Forêt : interprofession nationale de la filière bois-forêt
• InterChanvre
• Le Mouvement - Frugalité heureuse & créative
• Permabita : association pour le développement des filières biosourcées en circuit court
• Réseau français la construction paille