[Matériaux de construction & Conjoncture] Un rebond encore fragile au T1 2026
Le début d’année 2026 ne marque pas encore le véritable redressement attendu sur le marché des matériaux de construction. Dans sa dernière note de conjoncture, l’Unicem constate un léger redressement en mars après un mois de février pénalisé par les intempéries, mais sans rattrapage suffisant pour inverser la tendance.
L’activité des granulats progresse de près de 5 % en mars par rapport à février, mais reste inférieure de 1,3 % à son niveau de mars 2025. Sur l’ensemble du premier trimestre, la production se stabilise à peine par rapport à la fin 2025 et recule de 3 % sur un an. Même constat pour le béton prêt à l’emploi (BPE) : les livraisons repartent légèrement à la hausse en mars (+4 % sur un mois), tout en restant en retrait de 2,4 % sur un an.
Au cumul des douze derniers mois, les replis atteignent 2,5 % pour les granulats et 2,8 % pour le BPE. Plus globalement, l’indicateur matériaux de l’Unicem recule encore de 1,3 % sur les deux premiers mois de l’année. La contraction touche la quasi-totalité des familles de produits.
L’activité du T1 2026 en détail
Le ciment demeure l’un des segments les plus en difficulté avec une baisse de 5,6 % en 2025 et encore -2,6 % début 2026. Les produits en béton reculent également (-2,7 %), tout comme la pierre de construction (-4,1 %) et les activités de taille et façonnage de pierre (-7,2 %).
À l’inverse, les mortiers restent relativement stables et les tuiles et briques affichent un rebond marqué début 2026 (+12,7 %), après plusieurs trimestres dégradés.
Pour l’Unicem, plusieurs facteurs freinent le redémarrage du secteur : les intempéries du début d’année, les tensions géopolitiques liées au conflit au Moyen-Orient et leurs conséquences sur les prix des matières premières, l’énergie et les taux d’intérêt. Les entreprises interrogées par l’Insee et la Banque de France évoquent également une visibilité réduite et des difficultés à se projeter à court terme.
Le contraste est d’autant plus marqué que certains indicateurs de construction repartent à la hausse. Les mises en chantier et les permis de construire progressent au premier trimestre, notamment dans le logement collectif. Mais cette amélioration ne se traduit pas encore pleinement dans la consommation de matériaux, possiblement en raison de décalages opérationnels ou d’un allongement des délais de chantier.
Du côté des travaux publics, le climat se détériore plus nettement encore. Selon la FNTP, l’activité du premier trimestre recule de plus de 6 % sur un an, tandis que les commandes publiques se contractent fortement. Plus de la moitié des entreprises du secteur déclarent désormais souffrir d’un manque de demande, un niveau inédit depuis près de dix ans.