La rénovation dans le rouge, le neuf encore sous perfusion (chiffres FFB)

, mis à jour le 26/06/2026 à 11h00
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Ouvrier du BTP inquiet pour l'activité sur les chantiers du BTP - Conjoncuture

CONJONCTURE • Selon la dernière note de conjoncture de la FFB, le rebond des mises en chantier ne suffit pas à sortir le logement neuf de l'ornière. Tandis que les volumes restent faibles et que les promoteurs peinent à relancer leurs programmes, la rénovation et la rénovation énergétique s'enfoncent à leur tour dans le rouge.

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Si le logement neuf montre quelques signes d'amélioration, avec des mises en chantier qui repartent à la hausse, il serait prématuré de parler de sortie de crise, selon la dernière note de conjoncture de la Fédération française du bâtiment, publiée à l'occasion de la première conférence de presse de son nouveau président Frédéric Carré.

Car derrière ce rebond, les volumes restent très faibles. Les promoteurs peinent toujours à vendre, les nouveaux programmes se raréfient et la maison individuelle reste loin de ses niveaux habituels.

Surtout, une autre inquiétude apparaît : la rénovation cale à son tour. Après avoir longtemps amorti le choc de la crise du neuf, elle enregistre désormais son plus fort recul depuis plusieurs années. Quant à la rénovation énergétique, elle décroche franchement.

Remontée du neuf à nuancer 

Les mises en chantier progressent de 37,3 % sur les quatre premiers mois de l'année 2026. Un chiffre spectaculaire qui pourrait laisser croire à un redémarrage du marché.

Le rythme annuel ressort à 321 000 logements commencés. C'est 35 000 de moins que la moyenne des quarante dernières années et près de 100 000 logements en dessous des besoins estimés par la profession.

Autrement dit, le marché remonte après avoir touché le fond, mais il ne retrouve pas un niveau d'activité normal.
D'ailleurs, les permis de construire commencent déjà à ralentir. Dans le collectif, le mois d'avril a même été particulièrement mauvais avec une chute de 30,1 % des autorisations.

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Graphique Autorisation et chantier logements


 

Promoteurs : toujours pas de réel redémarrage

La prudence de la FFB s'explique aussi par les chiffres des transactions immobilières. Au premier trimestre, les ventes de logements neufs reculent encore de 1,8 %. Les particuliers achètent toujours aussi peu et les promoteurs continuent de réduire leurs lancements d'opérations.

Le chiffre le plus parlant concerne les mises en vente : elles chutent de 30,7 % sur un an. À peine 11 000 logements ont été lancés sur le marché au premier trimestre, un niveau historiquement bas.

Même constat pour la maison individuelle. Les ventes remontent légèrement, mais elles restent très loin des standards habituels avec seulement 69 100 maisons vendues sur douze mois, soit près de 50 000 de moins que la moyenne des vingt dernières années.

Parallèlement, du côté du non-résidentiel, l'activité reste molle. Les surfaces commencées progressent de 3,9 %, mais le volume global demeure faible avec 21,8 millions de m² commencés en rythme annuel. Les commerces et les bâtiments administratifs vont mieux tandis que l'industrie et les bâtiments agricoles restent orientés à la baisse.

La rénovation n'est plus un amortisseur

C'est probablement le principal enseignement de cette note de conjoncture. Jusqu'ici, la rénovation permettait aux entreprises de compenser en partie l'effondrement du neuf. Ce n'est plus le cas.

Au premier trimestre 2026, l'activité d'amélioration-entretien recule de -2,6 %. Il s'agit du sixième trimestre consécutif de baisse.

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Graphique Réno et Réno énergétique


Le recul touche d'abord le logement (-2,8 %), mais le non-résidentiel n'est pas épargné (-1,8 %). La situation est encore plus préoccupante sur les travaux de rénovation énergétique. L'activité recule de 3,4 % au premier trimestre. Dans le logement, la baisse atteint -4,1 %.

Pour la FFB, l'instabilité des dispositifs d'aides et les changements répétés de règles ont fini par désorienter les ménages et freiner les décisions de travaux. Le constat est national : toutes les régions sont désormais en baisse.

Pour les entreprises du bâtiment, c'est sans doute le signal le plus préoccupant de cette conjoncture, et une situation « incompréhensible », selon le président de la FFB Frédéric Carré, compte tenu des objectifs toujours affichés par le gouvernement.

Les chiffres clés du début 2026

  • 321 000 logements commencés en rythme annuel.
  • +37,3 % de mises en chantier de logements sur quatre mois.
  • -1,8 % de ventes de logements neufs des promoteurs.
  • -30,7 % de mises en vente de logements neufs.
  • 69 100 ventes de maisons individuelles sur douze mois.
  • 21,8 millions de m² commencés en non-résidentiel.
  • -2,6 % d'activité en amélioration-entretien.
  • -3,4 % d'activité en rénovation énergétique.
  • -4,1 % pour la rénovation énergétique du logement.
  • 53 000 emplois perdus dans le Bâtiment depuis début 2023.
    (Source : FFB)
Journaliste depuis plus de 20 ans, Marie-Laure dirige les rédactions du Pôle Bâtiment de Zepros depuis 2014, pilotant contenus et événements autour des enjeux de transition écologique, numérique, réglementaire et d’innovation.
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