À Clichy (92), la centrale Heidelberg se refait une beauté de fond en comble
ENVIRONNEMENT • Ex-Unibéton, la centrale à béton de Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine) est en activité depuis cinquante ans. Heidelberg Materials France a décidé qu’un coup de jeune – nécessitant plus qu’un simple ravalement de façade – était nécessaire pour maintenir les performances environnementales de ce site historique. Mais aussi pour mieux l’intégrer visuellement. Montant de l'investissement ? Pas moins de 3,7 M€.
C’est un projet qui a été voulu pour l’esthétique, avec l'encapsulage des silos, un mur végétal et une grande fresque côté fleuve. Mais pas seulement. Heidelberg Materials France a investi 3,7 M€ pour moderniser un site historique du béton francilien, sa centrale de Clichy-la-Garenne, afin de la moderniser dans plusieurs de ses dimensions, y compris environnementales.
« Notre objectif c’est de réussir à concilier activité industrielle et qualité du cadre de vie », annonce Bruno Pillon, président de la filiale française du groupe allemand. Initié il y a six ans, le projet est aujourd’hui fonctionnel avec la mise en service depuis fin 2025 du circuit vertueux des eaux de process, avec zéro rejet et réemploi des matériaux.
« C’est une véritable cure de jouvence qu’a connu cette centrale avec la modernisation de son installation, la mise à l’enseigne Heidelberg Materials et son intégration environnementale. J’ai la conviction que nous avons réussi à relever les défis. »
Bruno Pillon, président de Heidelberg Materials France
Une pompe à boue innovante à notamment été mise en place (400 k€) afin de traiter les eaux de lavage chargées de fines de ciment et de séparer des galettes de matériau qui seront ultérieurement valorisées énergétiquement) et de l’eau clarifiée.
Cette dernière est réintroduite dans le process afin de continuer à produire du béton en consommant moins de ressource. Les eaux pluviales sont d’ailleurs récupérées et intégrées au process industriel
Le fabricant italien de cette pompe à rendement énergétique optimisé assure que le débit peut atteindre les 8 000 m3/heure. Le tapis tunnel d’acheminement des matériaux (granulats) avait, quant à lui, déjà été changé en 2018, dans le cadre des chantiers du Grand Paris.
La centrale produit ainsi des bétons conformes à la norme NF EN 206+A2/CN, un cadre qui impose des règles strictes afin de garantir la fiabilité de la production pour assurer la durabilité et la résistance des ouvrages. Grâce à son important stockage (dans un tunnel de 54 mètres situé le long de la Seine, sous le niveau du fleuve), elle peut produire tous les bétons voulus pour alimenter les chantiers d’Île-de-France : CEMI, CEMII, CEMIII…
En tout, 1 250 formulations sont disponibles. Le stock primaire, alimenté par voie fluviale, atteint les 2 250 tonnes de granulats dans cinq cases, en plus d’un stock secondaire de 650 tonnes et d’une quantité de 1 160 tonnes de ciment répartis en six silos, sans compter les adjuvants !
Moins de nuisances pour tous
Si le cœur de l’installation historique n’a pas été changé (le malaxeur de 3 m3 à double porte apporte toujours satisfaction), les nouveaux aménagements améliorent non seulement la performance environnementale, mais aussi les conditions de travail des salariés qui subissent moins de nuisances, tout comme les riverains. Le bruit a été diminué, tout comme l’émission de poussière.
Et la végétalisation côté rue sur 54 mètres de longueur, parachèvera l’intégration paysagère de l’unité. Côté Seine, l’œuvre naïve de 95 mètres de long par 5 mètres de haut signée Art-Fresque, se veut pédagogique, racontant le cycle du béton et l’importance du matériau pour construire la ville et ses infrastructures. La centrale de Clichy est donc à la fois plus visible, mais également mieux intégrée à son environnement urbain.
La centrale de Clichy-la-Garenne (92) en quelques chiffres
• Plus de 100 000 m3 de béton produits par an.
• 1 250 formulations possibles.
• 2 900 tonnes de granulats stockées.
• 1 160 tonnes de ciments.
• 3,7 M€ d’investissement.
(Source : Heidelberg Materials France)