MaPrimeRénov' : vers la fin des monogestes

, mis à jour le 02/07/2026 à 17h08
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MaPrimeRenovSuspension

AIDE D’ÉTAT • Dès le 1er septembre 2026, la majorité des aides aux travaux de rénovation énergétique par gestes seront supprimées, dont les derniers gestes d’isolation (combles et toitures) jusqu’ici soutenus. Les artisans et entrepreneurs de la Capeb et de la FFB ne comprennent pas ce choix d’abandon du marché de la rénovation.

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Pour des raisons d’économies budgétaires de l’ordre de 300 M€, le gouvernement a annoncé la suppression des aides MaPrimeRénov’ pour la plupart des travaux réalisés par geste. L’essentiel des financements publics ne concerneront désormais plus que les rénovations globales.

Parmi les travaux qui se trouvent exclus, figurent l’isolation des toitures, des combles aménagés et le remplacement des fenêtres. L’installation de poêles à bois ou à granulés et d’inserts sont également sortis du dispositif MaPrimeRénov’, ainsi que les systèmes solaires combinés et autres gestes portant sur le système de chauffage seul.

Que reste-t-il finalement dans le périmètre soutenu ? L’installation de pompes à chaleur air-eau et eau-eau (géothermiques) pour le chauffage et la production d’eau chaude sanitaire, le coût de raccordement à un réseau de chaleur urbain, la réalisation d’un audit énergétique, la dépose d’une cuve de fioul, et le recours à Mon Accompagnateur Rénov’ (MAR).

« Le pire ennemi de la rénovation ce n’est pas le monogeste. C’est l’absence de travaux. Si l’on demande aux Français de tout faire d’un coup, beaucoup renonceront tout simplement à rénover. »
Jean-Christophe Repon, président de la Capeb

Réactions unanimement négatives

Les spécialistes de la rénovation dénoncent « une décision incompréhensible et à contre-sens des ambitions environnementales affichées pour le secteur » (FFB), « un nouveau coup dur pour les ménages et entreprises artisanales du Bâtiment, et une incompréhension totale au regard de l’épisode caniculaire historique auquel sont confrontés les Français » (Capeb).

Chez Effy, délégataire de CEE, même constat : « Après des mois de stop & go et de pilotage à vue, c’est un nouveau signal désastreux envoyé à la rénovation énergétique. En prétendant préserver le budget de MaPrimeRénov’ le gouvernement prend le risque de provoquer une ruée de demandes de dernière minute sur les travaux bientôt exclus, avec à la clé un nouvel engorgement du dispositif aussi prévisible que contre-productif ».

« À force de changer les règles, les gouvernements successifs ont découragé les particuliers, désorganisé les entreprises et toute la filière. Les objectifs de la transition énergétique dans le bâtiment ne seront pas atteints. »
Frédéric Carré, nouveau président de la FFB

Selon la Confédération des artisans et petites entreprises du Bâtiment, « le projet arrêté donne le sentiment de privilégier une réponse d’équipement – notamment la PAC air-eau – au détriment des gestes qui réduisent les besoins : isolation, ventilation, protections solaires, traitement de l’enveloppe, confort d’été passif […] Privilégier le remplacement des systèmes de chauffage sans permettre aux ménages d’améliorer d’abord l’enveloppe de leur logement est une approche contre-productive. Une PAC installée dans une maison mal isolée verra ses performances réduites et sa consommation augmenter ».

Pour les deux mouvements fédératifs, Capeb et FFB, la décision du gouvernement mettra en difficulté les ménages mais aussi les artisans et entreprises du secteur, qui ont déjà subi de nombreux écueils au cours des années passées, avec le Covid puis les hausses de coût des matériaux et de l’énergie.

La Capeb continue de plaider pour « un parcours de rénovation par gestes, simple, lisible et progressif, permettant de concilier transition énergétique, confort d’été et d’hiver, pouvoir d’achat et adaptation au changement climatique », tandis que la FFB plaide pour l’abandon de cet énième coup de rabot sur MaPrimeRénov’

 L’Union des fabricants de menuiserie (UFME), directement impactée, appelle évidemment à sauvegarder le mono-geste pour le changement des fenêtres, car leur « remplacement constitue l’un des premiers gestes de rénovation réalisé par les ménages et représente souvent la porte d’entrée vers un parcours plus ambitieux ».

Quant à Audrey Zermatti, directrice stratégie d’Effy, elle note : « Si cet arrêt devait être confirmé, il devient urgent que le dispositif des CEE prenne rapidement le relais, comme nous le réclamons depuis deux ans. Car au moment où les vagues de chaleur rendent de nombreux logements invivables, permettre aux Français d’isoler, de mieux chauffer, de rafraîchir et de moins consommer relève de l’urgence nationale ».

Fort de 13 ans d’expérience dans la presse bâtiment, Grégoire, Rédacteur en chef de Zepros Bâti depuis 2019, est spécialisé dans les matériaux, l’isolation, la charpente, la couverture et les innovations énergétiques.
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