, mis à jour le 02/09/2026 à 08h23

« La prescription, nouvel axe de différenciation »

Éric Chevallier
président
d’Udirev et de Soldis
Image
Udirev et Soldis, Éric Chevallier, président

Adhésion à la centrale Iris Décoration, déploiement de services à destination de la prescription pour trouver de nouveaux relais de croissance, questionnements sur les récentes actions de GSB pour mieux séduire les artisans… Le n°1 d’Udirev détaille son analyse et ses points de vue.

Partager sur
Dans un marché du négoce décoration qui a connu un atterrissage en douceur en 2025 (-0,9% en valeur), comment s’est comporté Udirev ?
Éric Chevallier

Notre budget 2025 avait été établi sur la base d’un marché “flat”, voire en très légère progression. La baisse de notre CA en revêtements de sol a été un peu moins forte que l’indice FND – de l’ordre de -3 % contre -4 %. Les parquets sont à +4 %, mais les ventes en valeur étaient tombées très bas. Quant au stratifié, ce segment a nettement plus souffert (à environ -10 %) tout comme le LVT.
Si nos ventes n’ont pas été bien orientées début 2025, l’activité s’est un peu redressée au 2e semestre à la faveur d’un regain d’activité dans le neuf, notamment la promotion immobilière. Mais ce segment ne draine que 10 à 15 % de nos ventes. Si l’on se compare au secteur du carrelage (à -10 % environ), notre atterrissage 2025 n’est pas si catastrophique.

Parmi vos dix adhérents régionaux, certains ont-ils mieux résisté ?
Éric Chevallier

Dans le Nord du pays, par exemple, la compétition avec les négoces en peinture s’est nettement amplifiée. Des adhérents implantés sur une partie de la frange Ouest et dans le Sud-Est ont plutôt réussi à tirer leur épingle du jeu. Trois d’entre eux (Thérond Décoration, PST et Solmur Distribution) ont même fait de la croissance externe.

La situation s’est-elle un peu redressée au 1er semestre 2026 ?
Éric Chevallier

Sur un marché à -3,7 % en valeur, Udirev a affiché un CA à +2 % avec un effet prix assez stable pour l’instant et un effet volume qui a tendance à remonter. Udirev a clos le S1 à +2 %, Soldis basé en région parisienne à +8 %. L’activité reste toutefois très fragile eu égard au contexte économique et géopolitique. Malgré tout, les ventes de nos dix associés renouent plus ou moins avec la croissance sur la base d’un historique 2023-2024 négatif.

« Notre adhésion à Iris Décoration doit permettre d’apporter notre expertise en revêtements de sol pour tendre vers une plus grande homogénéité des plans de référencement. »

Début 2026 a été marqué par l’adhésion d’Udirev à la centrale Iris Décoration* (hors paint). Pour quelles raisons ?
Éric Chevallier

Des discussions se sont engagées mi-2025. Le départ d’Agir chez CMEM a été l’élément déclencheur. Nous adhérions déjà à Socoda Décoration [l’un des trois membres fondateurs d’Iris : Ndlr] et étions assez proches d’UGD qui a aussi rejoint Iris. Face à un marché du négoce Bâtiment fragilisé et soumis à de rapides mutations (digitalisation, IA, exigences environnementales, métiers en tension, transmissions d’entreprise), les groupements continuent de s’organiser et se rapprocher. Le négoce décoration n’échappe pas à ces nouveaux jeux d’alliance dans un contexte où la massification des achats s’intensifie.
* Iris Décoration est né fin 2013 de l’alliance entre Socoda Décoration, Agir (parti chez CMEM en janvier 2026) et Jefco/Allios.

Vous apportez à Iris Décoration un nouveau relais de croissance…
Éric Chevallier

Le projet consiste à apporter notre expertise en revêtements de sol pour tendre vers une plus grande homogénéité dans les plans de référencement. Mais l’exercice exige de la discipline. Une charte de bonne conduite va être rédigée par les quatre associés de la centrale.
 

Cette adhésion est-elle aussi liée à un climat d’affaires beaucoup plus chahuté avec l’arrivée de nouveaux entrants sur le marché ?
Éric Chevallier

La concurrence sur les prix est de plus en plus rude. Depuis trois ou quatre ans, le négoce en peinture, carrelage, bois ou encore les spécialistes sanitaire-chauffage cherchent à ouvrir leurs portefeuilles produits pour trouver de nouveaux leviers de croissance face à l’érosion de leur activité et de leur rentabilité. Notre marché doit aussi composer avec la concurrence des GSB confrontées à des ventes en berne et de certains pure players. Des enseignes grand public telles que le néerlandais Action propose désormais du LVT à prix bas !

À propos des GSB, Castorama avec son concept Casto Pro et Leroy Merlin qui a lancé en juin 2026 son premier “Salon du Proˮ ne cachent plus leurs ambitions d’accélérer vers la clientèle BtoB. Est-ce une réelle menace pour le négoce ?
Éric Chevallier

La question est de savoir si ces enseignes, qui ont une importante puissance de feu auront toutes les armes pour capter les artisans. À terme, ouvriront-elles des lignes de crédit client ? Auront-elles la profondeur de gammes ad hoc pour les peintres et soliers ? Jusqu’où pousseront-elles le curseur ? À nous de renforcer toujours plus des services différenciants comme notre logistique sur mesure (grand import, essor des MDD, produits en rouleaux, livraisons à l’étage…), nos ateliers de découpe.

La prescription est aussi un atout…
Éric Chevallier

Clairement ! Udirev se fait accompagner depuis 2023 pour développer une activité de prescription. Elle représente déjà 10-12 % du CA chez Soldis avec quatre commerciaux. Udirev va d’ailleurs nouer des accords-cadres nationaux. Mais c’est un travail sur le temps long.

Image
Plateforme logistique d'Udirev, Ile-de-France.

Udirev en bref

220 M€ de CA 2025 vs 227 M€ en 2024.
10 membres associés.
92 points de vente.
2 entrepôts de 22 000 m² couverts cumulés en Île-de-France.
(Source : Udirev)

Fort de plus de 30 ans d'expérience en presse BtoB et BtoC, Stéphane est rédacteur en chef de Zepros Négoce et Zepros Safety, passionné par les enjeux liés aux transitions environnementales et digitales dans le BTP.
Partager sur

Inscrivez-vous gratuitement à nos newsletters

S'inscrire