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Un artisan français à New York : de l’enchantement au coup de théâtre final !

Denis Gentile
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Paint Life, alias Kevin Barneoud, un artisan français à New York

Il s’appelle Paint Life. Ce peintre français a inscrit son destin dans son nom :

« J’ai choisi ce nom, car je suis un grand fan des États-Unis. J’ai voulu créer cette boîte à mon image. Aujourd’hui, personne ne m’appelle plus Kévin, mais Paint Life ou encore l’Américain. »

Mais par quelle magie s’est-il retrouvé sur un chantier à New York ? Kévin, c’est son vrai prénom, nous raconte comment l'enchantement d’un client lui a permis de traverser l’Atlantique. Pourtant, cette fable moderne ne va pas se terminer comme prévu. 

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Le rêve américain

Mardi 18 juillet 2023

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Un artisan français dans un ascenseur à New York
Un artisan français dans un ascenseur à New York

Good morning Kévin, quelle heure est-il à New York ?  (rires)

« Il est 9 heures du matin. »

J’avais envie de me mettre dans l’ambiance, même si toi, en ce moment tu n’es pas à New York. 

« Non, je suis dans mon bureau à Salon-de-Provence. Aujourd’hui, c’est une journée consacrée aux corvées administratives avec , entre autres, quelques devis à finaliser. »

Comment es-tu passé de Salon-de-Provence à New York ?

« Tout a commencé à Aix-en-Provence sur le chantier d’un client américain marié à une Française. Il avait été impressionné par mon travail et la qualité des finitions. Il me fait alors une incroyable proposition. Il veut me confier un chantier à New York. Moi, le fan des États-Unis, je n’ai pas bien réalisé au début. Alors, je lui réponds que j’échange souvent avec des peintres américains et que je peux le mettre en relation avec l’un d’entre eux à New York. Mais il n’était pas du tout intéressé, car c’est un homme d’affaires qui, me disait-il,

“n'a pas de temps à perdre et quand il trouve un artisan de confiance, c’est pour la vie !”  

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Un travail Made in France à New York : impeccable
Un travail Made in France à New York : impeccable

Le temps passe jusqu’au jour où je me lève un dimanche matin avec des plans du local et les références des couleurs à utiliser dans ma boîte mail. J’étudie le projet, la faisabilité du déplacement, je fais mon chiffrage et j’envoie mon devis. Cette fois-ci, c’est concret. Je pars vraiment à New York pour travailler sur le chantier de mon client. C’était un local commercial. J’avais 500 m2 à peindre, tout en blanc. »

C’est ce que les Américains ont défini en marketing comme l’art de enchantement. Ton client n’était pas seulement satisfait de ton travail, il était enchanté par ton travail. Cela signifie que tu as gagné sa confiance, que tu l’as conquis et qu’il veut à tout prix continuer de travailler avec toi. Il a préféré te prendre toi, te payer le voyage, l’hébergement, louer le matériel, plutôt que prendre quelqu’un sur place qui a pignon sur rue. C’est une reconnaissance professionnelle exceptionnelle.

« C’est exactement ça, car ce client continue de me faire travailler sur des chantiers en France et j’ai déjà prévu de retourner à New York en 2024 pour travailler sur le chantier de son nouveau local commercial pour son futur cabinet de courtiers immobiliers à Manhattan. J’irai avec mon ami Matthieu, Renov Meets Home sur les réseaux sociaux. Il va m’aider sur ce chantier.

Let’s go dream american ! »

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New York
New York City

New York, New York

Est-ce que tu as remarqué des différences entre les chantiers en France et à New York ?

« Oh oui, les prix ! C’est presque 3 fois moins cher. 4 litres de peinture, c’est 21 euros à New York. »

Est-ce que tu as des marques préférés ?

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Janovic Paints New York
Janovic Paints New York

« Des marques américaines ! Je suis l’ambassadeur en France des peintures Benjamin Moore. Pour mon chantier à New York, j’avais tout commandé chez eux. C'était pratique, je n'avais plus qu'à tout récupérer dans le magasin Janovic Paint à Manhattan. Sinon, je prends mes outils chez Wooster. Pour les enduits, je vais sortir des États-Unis, j’aime bien travailler avec Alltek (Tollens). »

On va aussi sortir des chantiers, dis-moi, ce que tu préfères à New York ?

« La mentalité. New York, c’est le règne de la bienveillance. Tu croises quelqu’un dans la rue, tu lui demandes l’heure, il peut devenir ton ami. Tu t’assois à une table dans une pizzeria, la personne à côté peut parler avec toi comme s’il te connaissait depuis toujours et te payer un verre. En France, s’ił se passę Ła même chose, l’autre te regarde de travers. »

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Kévin au Madison Square Garden
Kévin au Madison Square Garden

Est-ce qu’il y a un quartier que tu recommandes ? 

« J’aime le quartier Little Italy dans le Bronx. C’est vraiment un bout d’Italie avec de vrais Italiens. Vous pouvez aller manger ou faire votre marché à Arthur Avenue. »

Est-ce qu’il y a une expérience que tu as vécue à New York et que tu n’oublieras jamais ?

« Je suis allé voir un match de NBA au Madison Square Garden, c’était magnifique. » 

Tu as d’autres projets à New York ?

« Oui, même si c’est encore assez confidentiel et ça n’a rien à voir avec le bâtiment. C’est une marque de streetwear. C’est un truc que j’ai dans la tête depuis que j’ai 15 ans, mais je ne peux pas en dire plus. »

Est-ce que tu as un rêve ?

« Oui, vivre à New York ! »

Le coup de théâtre !

Vendredi 18 août 2023, 8 heures du matin dans mon bureau à Cannes. Je m’aperçois que Paint Life a disparu des réseaux sociaux.

Que s’est-il passé ? Je m’inquiète un peu.

J’enquête, mais personne ne semble au courant. Même Hilanie Rousseau, qu’il estime énormément, ne sait rien.

La vie est imprévisible. Il est peut-être déjà parti vivre à New York ! Dans l’après-midi, Kévin me rappelle, il est encore en France. Il me raconte alors l’invraisemblable revirement.

« Je prenais un café dans un bar des sports près de chez moi.

Mon ancien patron était là aussi. On a commencé à discuter. Je lui parle de ma boîte, de mes clients, de mon expérience américaine, de mes projets, des difficultés d’être entrepreneur.

Il me fixe du regard, marque un silence, puis il m'annonce qu’il recrute un chef de chantier et que j’avais le profil idéal. Je décide de passer les entretiens. Qui ne tente rien n'a rien. Finalement, après quelques négociations, il me fait une proposition qu’on ne peut pas refuser.

Le job est intéressant et je triple mon salaire. C’est l’opportunité d’une vie, comme il en existe seulement à New York ! Du moins, c'est ce que je croyais. J’ai quand même pesé le pour et le contre en discutant avec ma femme avant de prendre ma décision définitive. »

Tu me décris une ambiance à la new-yorkaise comme tu les aimes, une rencontre imprévue dans un bar et ta vie prend une nouvelle direction.

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Paint Life est enfin redevenu Kévin
Paint Life est enfin redevenu Kévin

Tu as donc décidé de fermer ta boîte, Paint Life. Je suppose que cela n’a pas été facile.

« Non, comme je te l’ai dit, j’ai créé une boîte à mon image. Cette boîte, c’est mon bébé, alors ça me fait un pincement au cœur. Là, je suis en train de terminer mon dernier chantier et en septembre, je me lance dans cette nouvelle aventure dans cette entreprise de peintures industrielles. Je suis un aventurier. »

Et cette nouvelle étape de ta carrière correspond donc aussi à ta personnalité. Tu continues tes aventures en suivant les signes de ton destin. Mais est-ce que tu vas renoncer à ton rêve américain ?

« Non, pas du tout. Ce job me permettra de réaliser plus sereinement certains de mes rêves américains. Je n'ai que 28 ans et toute la vie devant moi.

Et puis, je n’abandonne pas mon client américain. Je prendrai des congés pour aller à New York et faire son nouveau chantier. »

Bonne chance à toi. See you.

« Thank you Denis. »

Alors, si Paint Life n’a pas fait une croix sur son rêve américain, il est tout simplement redevenu Kévin.

Denis Gentile
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