Batimat, Interclima, Idéobain & Renodays : les innovations pour des marchés en mutation
TENDANCES • Décarbonation et réemploi, biosourcé, électrification des usages, facilité de pose et d’usage, attentes croissantes en matière de confort d’été et de santé des occupants… Alors que “Le Bâtiment en mouvement” est le fil rouge du Paris Builders Show, notre dossier vous donne un aperçu des grandes tendances qui émailleront les stands des quatre salons Batimat, Interclima, Idéobain et Renodays.
Du côté de BATIMAT • Pavillon 1 • Gros œuvre
Biosourcé, bas carbone et économie circulaire à tous les étages
Désormais, la R&D se focalise sur des solutions à moindre impact carbone et toujours plus sobres en ressources. Bétons et ciments sont l’un des marchés où les process industriels ont le plus évolué pour répondre à ces impératifs tout en cherchant à garantir des performances techniques et de mise en œuvre comparables aux formulations traditionnelles.
Chez Hoffmann Green Cement Technologies, par exemple, un partenariat avec la société normande CSBT Environnement permet d’intégrer dans les ciments 0 % clinker un carbonate de calcium marin issu des coques de coquilles Saint-Jacques (interdites d’enfouissement et d’incinération) et purifié à 99 %.
2026 marque aussi l’arrivée des premiers blocs béton sans ciment. Cette technologie de rupture repose sur la réaction du CO2 avec des sous-produits industriels tels que les laitiers d’aciérie remplaçant le ciment, séquestrent le carbone et assurent le durcissement du béton.
D’autres fabricants substituent le clinker, responsable d’une grande partie de l’empreinte carbone des bétons et ciments, par des métakaolins et argiles calcinées. La formulation garantit ouvrabilité fluide sur deux heures et améliore les résistances mécaniques.
La mixité des matériaux prend du galon
Porté par la RE 2020 et ses trois seuils (2025, 2028 et la plus haute marche de 2031) et de plus en plus plébiscité par les architectes et les particuliers, le matériau bois, qui représente près de 7 % du marché de la construction en France continue de prendre de la hauteur, notamment avec l’offre pléthorique en lamellé-collé (CLT) pour le neuf, mais trouve aussi des débouchés en extension-surélévation.
Il s’affiche comme l’alternative incontournable face aux matériaux “classiques” (parpaings, briques). À la fois décarboné, capteur de CO2, tout en étant souvent une ressource locale, le bois répond à tous les enjeux techniques (performance thermique et acoustique) et réglementaires. Il s’invite aussi dans les immeubles mixtes employant du béton bas carbone pour réduire les coûts de construction.
Salué par un Innovation Awards d’argent dans la catégorie “Gros œuvre, structure et enveloppe”, le procédé Hybrimur – développé par Jousselin Préfabrication, Cruard Charpente Construction Bois et Bostik – est basée sur la préfabrication bois-béton pour le tertiaire et le résidentiel. À la légèreté et la portance du bois, le béton assure la résistance face au contreventement et aux risques sismiques. Le système, en cours d’instruction pour obtenir son ATEx auprès du CSTB, peut s’appliquer comme élément porteur jusqu’à R+3 et en façade jusqu’à du R+10.
Biosourcé : “la” référence du marché
Autre matériau qui a le vent en poupe : la terre crue, à faible empreinte carbone, utilisable en neuf et rénovation. Des acteurs du marché croient maintenant dur comme fer aux terres excavées pour assurer le confort thermique tout en régulant l’excès d’humidité l’hiver.
Ce matériau alternatif permet entre autres la réalisation de murs hybrides préfabriqués alliant structure bois et remplissage en terre, ou s’utilise en projection intérieure de terre sur murs à ossature bois (en complément d’isolation).
Les spécialistes de l’isolation étoffent leurs gammes dans un esprit d’économie circulaire à base de matériaux recyclés ou biosourcés assurant une baisse efficace des déperditions thermiques, un confort d’été et d’hiver optimisé, ainsi qu’un confort hygrothermique renforcé, et bien sûr sans COV. Selon l’AICB, les biosourcés ont représenté en 2025 environ 8,2 % du marché de l’isolation.
L’aménagement intérieur joue aussi des alternatives biosourcées aux ossatures métalliques. Médaille d’argent dans la catégorie Décarbonation, le spécialiste des cloisons et doublages Siniat lance le montant de cloison VivaPure conçu à 100 % en carton technique (fibres de papier et huile végétale) pour une baisse de l’empreinte CO2 jusqu’à 50 % par rapport aux solutions standard, avec les mêmes performances et un confort de pose amélioré.
Stockage et réemploi des eaux pluviales et grises, adduction d’eau potable, infiltration à la parcelle… Alors que la ressource se raréfie sous l’effet du changement climatique, les équipements, souvent à base de matériaux de synthèse recyclé, sont aussi en vedette sur le salon.
Recyclage : la filière du plâtre mature
À l’heure de la refondation de la REP PMCB, les industriels mettent en avant leurs capacités à recycler. Tout comme la laine minérale, la filière plâtre poursuit sa progression sur le terrain du recyclage. En 2025, 237 000 t de déchets de plâtre externes (+15 % vs 2024) ont été réinjectées dans la fabrication de plaques (+15 % sur un an). La boucle fermée atteint près de 45 % du gisement.
Du côté de BATIMAT • Pavillon 1 • Photovoltaïque
Le plug & play démocratise le stockage
Le marché de l’autoconsommation entre dans un nouveau cycle en quittant la simple revente d’électricité pour entrer dans une logique d’autoconsommation à 100 % et de pilotage. Si le soutien au surplus de production d’électricité des particuliers est révolu, le désengagement de l’État* ne semble pourtant pas décourager les ménages équipés de panneaux ou tuiles PV.
Les nouvelles installations intégrant un système de stockage ont ainsi bondi de près de 167% entre les T4 2024 et 2025, et tripler en trois ans selon Enedis. En volume du parc en autoconsommation (8 %), le stockage reste encore minoritaire, mais c’est le segment du marché solaire qui croît le plus vite en France. Cette accélération est liée à l’arrivée de système de stockage plus simples et plus accessibles grâce aux batteries basse tension se branchant directement sur une prise domestique.
* Entre mars 2025 et l’arrêté du 4 juin 2026, le tarif de rachat a été divisé par 12, passant à 1,1 ct €/kWh.
1,242 million d’installations PV en résidentiel (≤ à 36 kWc) au 30 juin 2026 selon Enedis, soit 6 % de logement équipés vs 3,2 % fin 2023.
Des agents IA s’invitent pour optimiser le dimensionnement des installations et la rentabilité du stockage. Avec, à la clé, l’analyse en continu de la production solaire, la consommation du foyer et les prix de l’électricité. Ce qui permet d’anticiper les besoins énergétiques sur 24 heures et de déclencher automatiquement les cycles de charge et décharge les plus avantageux.
Grâce à l’IA, ces dispositifs centralisent le pilotage des panneaux, de la batterie, du réseau, de l’alimentation de secours et des équipements connectés (PAC, bornes de recharge pour véhicules électriques…). Associant PAC ou appareil d’eau chaude électrique, ces gammes hybrides se développent en résidentiel et petit tertiaire.
La R&D des industriels s’intensifie donc au service d’un modèle énergétique plus local, plus performant et tourné vers l’autonomie des utilisateurs. Et ce, d’autant qu’avec le changement climatique, le nombre des journées ensoleillées (entre 107 et 253 jours selon les départements) pourrait bondit dans les prochaines années.
* Entre mars 2025 et l’arrêté du 4 juin 2026, le tarif de rachat a été divisé par 12, passant à 1,1 ct €/kWh.
Qualibat : son offre dédiée au PV évolue
Le photovoltaïque gagne du terrain dans l’essor des EnR. Pour accompagner cette tendance, l’organisme de certification et qualification réorganise ses qualifications avec quatre niveaux différenciées selon la puissance de raccordement. Le but ? Mieux faire correspondre le niveau de qualification aux caractéristiques des chantiers, apporter plus de lisibilité aux maîtres d’ouvrage.
Du côté d’ÉQUIPBAIE • Pavillons 4, 5.2, 5.3 et 6
La menuiserie devient aussi un système actif
Très longtemps considérés comme le maillon faible de l’enveloppe du bâtiment, portes, fenêtres et volets sont devenus l’un des points clés de la performance énergétique. Sous l’effet de la RE 2020, la R&D des fabricants fait évoluer ces interfaces en vrai leviers d’efficacité thermiques avec des indices de transmission thermique (Uw pour les fenêtres, Ud pour les portes) souvent inférieurs à 1 W/m2.K vs plus de 3 pour sur les anciens modèles.
La mixité des matériaux (PVC, alu, bois, composites, PVC) et l’hybridation technologique permettent de tirer parti des atouts respectifs de chaque matériau pour réduire les ponts thermiques. Grâce à cette rupture technologique, chaque composant tient son rôle dans la performance globale des menuiseries.
La filière migre aussi vers des systèmes bas carbone grâce aux procédés de coextrusion innovants des profilés chez les gammistes. Et pour éviter que cette transition n’alourdisse les démarches de prescription, les gammes se font plus courtes tout en couvrant les principales configurations de chantier – un moyen de simplifier la sélection produits et la mise en œuvre.
Intégration de cellules photovoltaïques
Outre les vitrages à teintes variables (technologie électrochrome) pour adapter la transmission lumineuse, le vitrage sous vide permet d’atteindre des niveaux d’isolation thermique répondant aux besoins toujours plus prégnants de confort d’été, et des performances acoustiques élevées. Le tout, en gardant une faible épaisseur pour une intégration aisée dans le bâti existant et patrimonial notamment. Pour l’heure, le coût de la technologie prometteuse reste encore élevé.
Aujourd’hui, la baie ne se cantonne à un rôle passif. Par exemple, les solutions de vitrages (trempés ou feuilletés) chauffants se multiplient pour limiter l’effet de paroi froide et la condensation. Reliée à l’installation électrique, une fine couche transparente et conductrice émet un rayonnement infra-rouge similaire au principe du panneau radiant.
La fenêtre de toit n’est pas en reste en adaptant ce principe avec des vitrages émetteur d’énergie sans perdre en performances thermique et acoustique. Via l’intégration de cellules PV dans le vitrage, la baie devient aussi productrice d’électricité sans dévaloriser l’architecture du bâtiment.
Le solaire s’invite aussi dans le pilotage automatisé (brise-soleil orientables, stores, volets) avec de nouvelles générations de batterie d’une durée de vie passant en moyenne de huit à quinze ans. C’est le cas de Somfy avec sa nouvelle génération de motorisation RS 100 Solar io nominée aux trophées Batimat, et dont la solution complète “moteur-panneau-batterie” permet de réduire de 35 % l’impact carbone.
MétalExpo aura lieu en 2027
Dans le cadre de la réorganisation du Mondial du Bâtiment, rebaptisé Paris Builders Show, l’Union des métalliers (FFB) n’a pas voulu être fondue dans la masse et fait sécession. Les métalliers auront leur salon de filière les années impaires. Prochain MétalExpo les 28, 29 et 30 septembre 2027, Porte de Versailles.
Du côté de BATIMAT • Pavillons 5.1 et 7.2
Sécurité sur chantiers : IA et compacité au menu
Tous les ans, les collisions d’un engin avec un piéton provoquent de dix et vingt accidents du travail graves ou mortels. Tout en renforçant leurs solutions pour éviter les vols sur chantiers, abricants et loueurs généralisent maintenant les systèmes d’évitement des collisions via Bluetooth et intégrés aux engins (pelleteuses, grues). Idem pour les chariots télescopiques, les dispositifs d’assistance embarqués avertissent les situations à risques (vitesse inadaptée, charges trop lourdes…).
En matière de plateformes individuelles roulantes légères (PIRL), les progrès en matière de cinématique ont déjà permis de réduire de 40 à 50 % leur poids. Aujourd’hui, pour les travaux longs où les opérateurs manquent de place, des micro-nacelles se substituent aux mini-échafaudages. Appelées aussi NFH (nacelles à faible hauteur) par l’OPPBTP, elles existent en général en deux versions : jusqu’à 3 m et 4 m. L’innovation porte aussi sur des équipements poids plume de 120 et 150 kg pour les travaux en intérieur.
La prévention des TMS est un autre enjeu. Outre le port d’EPI, des solutions minimisent les efforts tels que lève-plaque à crémaillère et mini-chariots transporteur de plaques de plâtre. En électroportatif, la bascule du thermique vers le sans-fil continue avec des plateformes de batteries compatibles avec toutes les gammes de chaque marque et inter-marques via les plateformes CAS et AMPShare (Bosch) réunissant près de 30 fabricants. Ce secteur voit aussi arriver les premières offres reconditionnées.
Du côté d’IDÉOBAIN • Pavillon 7.2
Sanitaire : vers une “eauptimisation” générale
Plus économe en eau et en énergie, matériaux issus de l’économie circulaire… L’espace bain ne cesse de se repenser pour allier sobriété et bien-être. Les industriels ont intensifié leurs efforts pour rendre salles de bains et WC plus écoresponsables.
Cette année, les solutions axées sur les économies d’eau seront encore nombreuses sur les stands. Figurant parmi les nominés aux Innovation Awards, Aurlance promet d’allier douches longues “plaisir” et économies avec sa douche Eternity. Sa technologie brevetée StreamWater Technology filtre, réchauffe et réinjecte l’eau en continu tout en réduisant aussi la consommation d’énergie. Via un mécanisme de récupération doté d’un filtre, une seconde pomme de douche permet de n’utiliser que 8 l/mn d’eau vs 12 l/mn avec une douche classique.
Également nominé, Grohe Euphoria 120 nominé. En combinant la technologie Grohe Économie d’eau et son nouveau jet oscillant AquaBooster, le pommeau affiche jusqu’à 4 l/mn d’eau en moins en faisant fluctuer l’eau à l’intérieur de la douchette et en la répartissant intelligemment dans plusieurs zones pour amplifier la pression. Le débit est limité par défaut, mais propose une augmentation ponctuelle si besoin.
De son côté, Wedi a décroché l’or pour le Fundo Thermo : un receveur de douche intègrant directement dans son épaisseur un échangeur thermique sur eaux grises, là où en général les récupérateurs de chaleur sur eaux usées sont des équipements additionnels posés sous le receveur ou en partie inférieure de la robinetterie murale.
Le principe passif à 100 % permet à l’eau usée de s’écouler dans le siphon intégré. La chaleur est transmise à l’eau froide entrant dans le circuit en amont du mitigeur (pas de batterie, ni câblage électrique). Pour rester conforme à la réglementation stricte sur la réutilisation des eaux usées, la sécurité sanitaire est garantie par une double paroi séparant eaux propres et grises. Wedi annonce jusqu’à 50 % d’énergie thermique récupérée.
Temps de pose réduits
L’espace WC n’est pas en reste. Geberit, par exemple, présente l’urinoir sans bride Renova M doté d’un diffuseur d’eau innovant qui interrompt instantanément l’écoulement à la fin de la chasse (fonctionnement optimisé dès 0,5 l d’eau). Le design sans bride du système dédié notamment aux ERP élimine les zones cachées où peuvent s’accumuler bactéries et dépôts pour garantir plus d’hygiène.
Côté bâti-support, SIAMP revendique avec Ingenio Advance Woo proposer le premier équipement en bois certifié PEFC (bois allemand et menuiserie française, 100 % recyclables) avec une empreinte carbone réduite : 1,2 kg de CO2 stocké par m3 contre 3,2 kg de CO2 émis par kg d’acier.
Le fabricant annonce jusqu’à 5 l/jour d’eau économisés pour une famille de quatre personnes, avec possibilité de régler le mécanisme de chasse en 2,5 ou 4 l, ainsi qu’une mise en œuvre plus aisée. Et après le bâti-support, le bâti-douche arrive sur le marché (Grohe).
La facilité de pose est une autre tendance forte pour offrir une solution de rénovation rapide, propre et efficace, réduisant le temps d’installation à l’instar de la solution murale chauffante basse tension (35° C atteints en 15 mn) E-Vipanel de Roth qui, lui aussi, a reçu l’Award d’or. Le dispositif étanche à l’intérieur et l’extérieur associe un panneau décoratif à une surface émettrice brevetée, prémontés en usine.
Avec sa fine épaisseur de 4 mm, il se pose directement sur un revêtement existant pour une rénovation sans travaux lourds grâce au panneau découpable sur tout son pourtour et perçable à 80 % pour y intégrer robinetterie et accessoires (porte-serviettes, étagères, patères) afin d’assurer la fonction de chauffe-serviettes sans encombrement. Une natte d’étanchéité protège ce système pouvant être installé jusque dans la zone douche.
MaPrimeAdapt’ tire aussi l’offre
Obligatoire dans le neuf depuis juillet 2021 en vue de répondre aux enjeux d’adaptation et d’accessibilité des logements pour les séniors et PMR, la douche “zéro ressaut” sera aussi en vedette sur les stands. MaPrimeAdapt’, en vigueur depuis janvier 2024, était supposée être un levier majeur pour déclencher les travaux.
Jusqu’à présent, le succès ne semble pas vraiment au rendez-vous à raison de 40 000 à 45 000 logements adaptés par an. Pour certains ménages, le reste à charge peut paraître trop élevé. Le dispositif peut encore être amélioré, mais il faudra rendre l’offre plus visible et lisible. Le “Livre blanc 2025” publié par la filière Silver Économie appelle d’ailleurs à « la convergence des transitions énergétique et de l’autonomie ».
Du côté d’INTERCLIMA • Pavillon 7.3
CVC : hybridation et pilotage intelligent s’imposent
Alors que le pays a déjà connu cinq vagues de canicule depuis mai 2026, la météo devient un puissant levier d’achat chez les ménages pour s’équiper en solutions de rafraîchissement. Et le confort d’été n’est plus un sujet secondaire. Il repose sur une combinaison de solutions : équipements thermiques performants, ventilation mécanique, brasseurs d’air, protections solaires et conception bioclimatique.
À ce titre, la pompe à chaleur (PAC) devient en somme le bras armé de la souveraineté énergétique de la France. L’État fait d’ailleurs de la PAC réversible l’un des piliers de sa stratégie d’électrification des usages. Les récentes évolutions réglementaires en témoignent : TVA réduite à 5,5 % pour les PAC air-air réversibles fixes (≤ à 12 kW), nouveau DPE dès 2027, maintien de MaPrimeRénov’ dans le cadre des rénovations par geste pour les PAC dédiées au chauffage, le raccordement à un réseau de production de chaleur ou de froid, et la dépose d’une cuve à fioul.
Cette modification du fléchage des aides intervient pourtant dans un contexte où le gouvernement veut concentrer l’argent public sur les rénovations d’ampleur jugées les plus efficaces. De l’adoption accélérée des fluides frigorigènes à faible impact environnemental (R32, R290) à la montée en charge de l’hybridation et du pilotage intelligent, la filière prouve qu’elle est prête.
Les PAC air/air réversibles constituent une réponse pertinente, tant pour leur performance que pour leur efficacité à l’euro investi, réduisent les émissions de CO2 dues au chauffage, mais contribuent aussi à la maîtrise des consommations énergétiques lors des pics de consommation électrique.
Des CEE pour les PAC “made in Europe”
En PAC air-eau, c’est le sacre du monobloc dont les ventes résistent mieux que la version split. Les industriels ont massivement anticipé le règlement F-Gas en proposant des équipements de moins de 12 kW utilisant des fluides à faible impact environnemental (PRP).
Pour le collectif, les ventes de PAC monobloc de grosse puissance ont bondi de 6 % en 2025. Preuve que la rénovation des chaufferies d’immeubles (souvent via des cascades de PAC) devient un vrai relais de croissance face à un marché de l’individuel neuf encore en berne. Le segment bénéficie aussi d’un soutien public fort en 2026, le "Coup de pouce Chauffage" ayant vu ses montants triplés depuis janvier 2025. La technologie devient, a priori, accessible à toutes les tranches de revenus.
En outre, un virage majeur est amorcé. Dès septembre 2026, les aides CEE sont conditionnées au choix de PAC agréées et assemblées en Europe – une mesure de souveraineté industrielle visant à décarboner l’offre. En outre, après deux ans d’étude sur le terrain, l’Ademe a confirmé l’efficacité des PAC en remplacement de chaudières fossiles, y compris quand l’isolation n’est pas optimale. Autre voyant au vert : avec les seuils plus sévères de la RE 2020, la PAC devient un incontournable en logements collectifs neufs.
Les solutions 2-en-1 associant ECS et ventilation du logement se multiplient. Du côté des PAC hybrides murales gaz en remplacement de chaudières murales, le modèle Hybea d’Atlantic nominé aux Innovation Awards et conçu autour du R290 propose une unité extérieure design et très silencieuse de 30 dB(A) à 5 mètres qui permet de gagner une classe au saut de DPE pour les logements classés F et G.
L’innovation ? Sa bouteille de découplage compacte intégrée de série pour tous les modèles. Grâce à l’accès des composants par l’avant, la maintenance est facilitée. Saunier Duval, lui, propose GeniaAir Max, sa 2e génération de PAC air-eau monobloc haute température (de 4 à 15 kW) pour l’individuel. Calibrée pour délivrer une température d’eau jusqu’à 75°C, la version s’adapte tant aux radiateurs haute température qu’aux planchers chauffants, avec un fonctionnement thermodynamique assuré jusqu’à -25°C.
Sur le front de la géothermie, un acteur comme Nibe France expose le SP1257 PC (au R290). Cette PAC sol-eau réunit trois fonctions : chauffage, production d’ECS jusqu’à 176 litres dans un ballon inox et rafraîchissement passif par géocooling. En 2026, ce segment a vu la bonification des CEE quadruplée. Un soutien massif pour lever l’obstacle du prix de cette technologie.
Ventilation • La QAI n’est plus une option
Tous les ans, près de 20 000 décès sont liés aux polluants présents dans les bâtiments. Pourtant, des solutions sont là. Exemple avec la Flux+ Wall Compact 350 de Renson NV, une unité de ventilation mécanique murale double flux pour le résidentiel avec récupération de chaleur.
Elle intègre une série de capteurs internes de CO₂, d’humidité relative et de COV qui surveillent en continu la qualité de l’air intérieur. Les débits de ventilation sont ajustés sans intervention de l’utilisateur. D’une façon générale, les acteurs du CVC intègrent de plus en plus de capteurs multi-paramètres dans leurs équipements.