« Une année au Club en vaut plusieurs en termes d’apprentissage »

, mis à jour le 13/01/2026 à 12h16
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Tony Privat Président du Club Nouvelle Génération d’Algorel

Créé en 2017, le Club Nouvelle Génération d’Algorel s’est imposé comme un lieu de réflexion stratégique pour les jeunes dirigeants du groupement. À 36 ans, son nouveau président Tony Privat revient sur son rôle, ses travaux et les priorités d’une génération confrontée à la transmission des PME familiales, aux enjeux environnementaux et aux mutations du marché du travail.

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Vous venez d’être élu président du Club Nouvelle Génération d’Algorel. Pour commencer, pouvez-vous rappeler ce qu’est ce club et pourquoi il a été créé ?

Tony Privat : Le Club Nouvelle Génération est une initiative d’Algorel, en lien étroit avec 2nd Academy, notre centre de formation interne. Il a vu le jour en 2017, avec pour objectif de préparer l’avenir du réseau. Nos entreprises sont majoritairement des PME familiales. La question de la transmission entre les générations est donc centrale. L’idée était de structurer cette transition, de rendre l’organisation pérenne et d’anticiper les enjeux auxquels nous serons confrontés demain.

Combien de membres compte aujourd’hui le Club et comment fonctionne-t-il ?

T. P. : Nous rassemblons aujourd’hui une quarantaine de membres, issus des entreprises du réseau Algorel. Le groupement, au global, représente près de 160 entreprises qui communiquent très bien entre elles. Le Club fonctionne comme un espace de réflexion et d’action, avec un président – dont la limite d’âge est fixée à 40 ans – qui siège au sein du Conseil d’administration d’Algorel. La voix du Club est écoutée, nous sommes consultés et nous rendons régulièrement des comptes.

Mini bio

• Âge : 36 ans
• Formation : classe prépa, ISC Paris (Master entrepreneuriat international).
• Parcours : huit ans dans la finance à Toronto (Canada).
• Depuis 2022 : chef des ventes chez Eau et Vapeur (Pôle Thermique).
• Président du Club Nouvelle Génération d’Algorel depuis octobre 2025.

Qui vous accompagne dans vos travaux ?

T. P. : Nous sommes suivis de près par Dimitri Both, le directeur exécutif d’Algorel, ainsi que par Cédric Angeli, le directeur exécutif de 2nd Academy, notre centre de formation interne, qui nous aide à structurer nos séminaires et à confronter nos idées. Nous échangeons aussi beaucoup avec nos partenaires, fournisseurs comme clients.

Qu’apporte ce Club aux jeunes dirigeants du groupement ?

T. P. : J’ai intégré le Club en 2022, juste après avoir rejoint Eau et Vapeur. J’étais nouveau, et cela m’a permis de rencontrer des jeunes de mon âge, déjà dotés de responsabilités importantes. On confronte nos expériences, on challenge nos idées, et on grandit ensemble. Dans nos entreprises, nous sommes souvent centrés sur l’opérationnel. Le Club nous aide à prendre du recul, à comprendre les grands enjeux de la filière. Une année au Club peut en valoir plusieurs en termes d’apprentissage.

Les jeunes dirigeants ont-ils un regard particulier sur le secteur ?

T. P. : Ils ne sont pas forcément plus éthiques que leurs aînés, mais ils ont grandi avec les crises environnementales. Leur sensibilité aux enjeux climatiques est donc plus forte, presque naturelle. Le premier sujet, pour beaucoup d’entre nous, c’est l’avenir de la planète. Nous avons aussi une appétence plus marquée pour le digital et les technologies, et un souci de consommer et d’investir plus intelligemment. Cela ne signifie pas “tout changer”, mais amener des pistes, des idées, une vision nouvelle.

Quels sont les thèmes de travail majeurs du Club aujourd’hui ?

T. P. : Nos réflexions tournent sur plusieurs sujets. La RSE, les enjeux environnementaux – réduction de l’empreinte carbone, transition énergétique, recyclage, évolution des flottes de véhicules, etc. – sont au cœur de nos échanges. L’avenir de notre filière repose sur notre capacité à faire face à ces défis. Mais nous travaillons aussi sur la digitalisation, l’IA et, plus globalement, sur la pérennisation de nos PME familiales avec des thèmes comme le management ou la transmission. Chez Algorel, nous sommes des indépendants : il s’agit de rester pertinents face aux grands groupes.

« On confronte nos expériences, on challenge nos idées, et on grandit ensemble. »

Certains travaux de vos travaux ont une résonnance globale pour le groupement…

T. P. : Effectivement !  La transmission d’entreprise est un sujet suivi de près par notre Conseil d’administration. Des conférences ont eu lieu et des projets sont à venir. Nous sommes également à l’origine d’une charte RSE commune, qui constitue un tronc commun pour les achats du groupement. Les membres s’engagent à aller dans la direction d’une empreinte carbone maîtrisée. C’est un engagement éthique et moral, mais aussi économique : demain, ce sera une condition de compétitivité.

Quels impacts les transformations sociétales ont-elles sur vos entreprises ?

T. P. : La dynamique du marché du travail n’a plus rien à voir avec ce qu’elle était. Les rapports de force ont changé, les attentes aussi. On entend souvent que les jeunes manquent de fidélité. Je pense surtout que l’entreprise doit redevenir attractive, juste, cohérente. La fidélité a fait le succès de nos PME, et pour qu’elle perdure, il faut donner envie. L’onboarding, par exemple, est un vrai sujet : nous pensions être bons, mais nous découvrons qu’il y a encore beaucoup à améliorer. Le Club permet de partager méthodes et bonnes pratiques.

La transmission est un enjeu central. Comment accompagnez-vous les jeunes dirigeants sur ce sujet ?

T. P. : Il existe énormément de transferts de connaissances au sein du Club, parfois sur des sujets sensibles. La nouvelle génération est naturellement motivée, mais elle a besoin d’accompagnement stratégique. Certains peuvent avoir envie de “laisser leur patte”, mais encore faut-il savoir où et comment agir. Avec 2nd Academy, il nous arrive d’orienter vers des cabinets spécialisés, car certains enjeux sont trop importants pour être improvisés.

À titre personnel, comment vivez-vous la transmission au sein de votre propre entreprise ?

T. P. : Mon père est directeur et actionnaire minoritaire d’Eau et Vapeur. Il cumule quarante ans d’expérience, il est reconnu dans la profession. Travailler avec lui me permet d’avancer beaucoup plus vite. Nous nous entendons très bien professionnellement. Mon rôle est de digérer cet héritage, tout en aidant à construire un “Eau et Vapeur 2.0”.

Huit ans après sa création, quel bilan tirez-vous du Club Nouvelle Génération ?

T. P. : Il est très positif. Nous avons grandi en nombre et en influence. Le Club évite l’isolement du dirigeant, ce qui n’est pas négligeable dans nos structures. Nous continuons de construire, de nous structurer, et je suis convaincu que, dans quelques années, encore plus d’anciens membres du Club siégeront au Conseil d’administration d’Algorel. Les membres du Club sont de plus en plus investis dans des instances du Groupement.

Quel est votre objectif personnel en tant que président ?

T. P. : M’impliquer pleinement dans un projet auquel je crois. Faire avancer la réflexion, structurer l’action, et accompagner ceux qui prendront la suite après moi. Nous sommes une génération de transition, et nous avons la responsabilité de préparer la suivante.

Rédacteur en chef de Zepros Énergie et Zepros Réno, expert de la transition énergétique dans le bâtiment.
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