Vœux 2026 de la CGF : les grossistes entre tensions économiques et pression réglementaire

, mis à jour le 28/01/2026 à 16h04
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Stéphane Antiglio, président de la CGF.

Lors de la traditionnelle cérémonie des vœux de la Confédération du commerce de gros (CGF), son président Stéphane Antiglio a anticipé une conjoncture agitée en 2026, et détaillé la liste des enjeux et combats à mener pour l’ensemble des acteurs de la filière – notamment la facturation électronique et la REP Emballages professionnels. À moins de deux mois des élections municipales, les 15 et 22 mars, la CGF a aussi dévoilé son manifeste de doléances.

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« Un contexte tout de même assez agité et qui n’est pas si évident pour nos entreprises, et une économie qui va moyennement bien », a décrit d’entrée de jeu Stéphane Antiglio, président de la CGF, lors de la présentation de ses vœux le 21 janvier dernier devant près de 130 invités (lire aussi l’article de notre confrère Zepros Resto).

Le n°1 de la confédération a détaillé sa feuille de route pour soutenir la dynamique du commerce de gros. Et comme un mantra, voire une mission assignée, il a insisté sur la position centrale des entreprises et de la trentaine de fédérations professionnelles adhérentes (alimentaire, automobile, bâtiment, presse, répartiteurs en pharmacie, santé, etc.) dont il défend les intérêts.

« Les entreprises du commerce de gros sont des acteurs essentiels de l’économie locale et de l’approvisionnement des collectivités, des commerces, des artisans, etc. Elles doivent pouvoir contribuer pleinement au développement des territoires, tout en restant compétitives et innovantes », a-t-il martelé.

« Les difficultés de la conjoncture auxquelles s’ajoutent les stop & go sur ma MaPrimeRénov’ se sont immédiatement répercutés dans les carnets de commandes des distributeurs et négociants du BTP. »
Stéphane Antiglio, président de la CGF

L’Appro Bâtiment à -3 % en 2025

Cette cérémonie a été l’occasion de revenir sur l’activité des professionnels. « Dans un contexte économique difficile, l’année 2025 a été très moyenne. Si nous n’avons pas encore les chiffres définitifs, nous sommes sur une année très moyenne, plutôt morose », a résumé Stéphane Antiglio.

De facto, la CGF anticipe une évolution globale proche des -0,2 % en tendance annuelle, avec de fortes disparités selon les métiers : de -7 % pour les distributeurs de presse à +5 % pour les répartiteurs pharmaceutiques – le meilleur “score” s’il en est.

Sur le front de l’Appro Bâtiment qui ne concerne désormais plus que la FND (négoce décoration) et la FFQ (négoce quofi) depuis que Coédis a quitté la CGF fin 2025, la croissance de ce secteur devrait flirter avec les -3%. Un niveau qui se situait à -1,5 % au T3 2025.

Explications avancées par Stéphane Antiglio et Valérie Lachenal, la vice-présidente de la CGF et n°2 de la FFQ : « Les difficultés de la conjoncture auxquelles s’ajoutent les stop & go sur ma MaPrimeRénov’ se sont immédiatement répercutés dans les carnets de commandes des distributeurs et négociants du BTP ». Et ce, d’autant qu’il existe un autre sujet d’inquiétude majeur : la hausse des défaillances d’entreprises évaluées à environ 69 000 en 2025 (tous secteurs confondus). Un phénomène qui touche directement les clients des grossistes.

Besoin de stabilité politique

Dans un climat politique particulièrement mouvant, la CGF appelle à « de la stabilité, de la visibilité et de la simplification ». À cet égard, Stéphane Antiglio a alerté en particulier sur la multiplication des normes européennes et nationales, notamment sur les délais de paiement, la CSRD, et les effets de seuil fiscaux.

« Nous ne sommes pas des groupes mondiaux comme Veolia ou EDF. Même quand nous sommes organisés en groupes, nous restons des constellations d’entreprises régionales. Les effets de seuil nous pénalisent particulièrement », a-t-il tenu à souligner.

Les dossiers en haut de la pile en 2026

Stéphane Antiglio a d’ailleurs remis en lumière les enjeux majeurs nationaux et à l’échelle de l’Europe qui attendent les grossistes. Au menu des combats qui sont portés par la confédération :

la facturation électronique dont la mise en œuvre est prévue à partir du 1er septembre 2026 ;

la REP EIC (emballages industriels et commerciaux) avec des délais adaptés pour permettre une transition réussie avec une entrée en vigueur le 1er juillet 2026 au lieu du 1er janvier 2026 initialement prévu, quand les fédérations du négoce Bâtiment souhaitaient un moratoire jusqu’au 1er janvier 2027

• la transparence des rémunérations en vue de garantir une application pragmatique de la directive européenne et de protéger les spécificités liées au commerce de gros ;

• la simplification de la vie économique. Sur ce projet de loi, la CGF a obtenu que les mesures de complexification soient supprimées, notamment les autorisations d’exploitation commerciale pour les entrepôts logistiques.

Enfin, Stéphane Antiglio a regretté un PLF 2026 qui, contrairement aux intentions de la première lecture, alourdit les contraintes fiscales sur les entreprises. « Absence de la suppression de la CVAE [cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises : Ndlr], surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, etc. ».

Et de rajouter que « le PLF fait porter aux entreprises seules la responsabilité de rectifier la dette, sans prise en considération des nombreux freins avec lesquels elles doivent pourtant déjà composer », rappelle la confédération dans un communiqué. Raison pour laquelle la CGF a publié un Manifeste de doléances (voir encadré ci-dessous) : un document synthétique de huit pages qu’elle présentera aux élus locaux.

Face à tous ces défis et enjeux, le n°1 de la CGF a déclaré : « Battus souvent, battus parfois, abattus jamais ! », comme pour mieux illustrer la détermination des grossistes à poursuivre leur activité au service des entreprises, des territoires et, pour les acteurs de l’Appro Bâtiment entre autres, de l’ensemble de leur filière.

Municipales 2026 : les demandes de la CGF en 15 mesures

« À travers quinze propositions concrètes, la CGF propose aux élus locaux de bâtir une feuille de route commune pour dynamiser l’économie, créer des emplois, accélérer la transition écologique, au service de leurs communes et des Français », détaille Stéphane Antiglio, le président de la CGF en introduction de son "Manifeste" pour les élections. Quinze mesures concrètes à même de renforcer l’ancrage territorial et l’attractivité économique des territoires présentées aux élus locaux.

LOGISTIQUE URBAINE
1. Préserver la liberté d’organisation logistique des grossistes.
2. Accompagner la décarbonation progressive des véhicules.
3. Harmoniser les réglementations entre communes voisines.

EMPLOI
4. Mobiliser la commande publique comme levier d’emploi local.
5. Soutenir la formation et la reconversion.
6. Associer les entreprises dans les projets d’inclusion sociale.

ANCRAGE TERRITORIAL
7. Promouvoir la concertation public-privé : planification stratégique, projets d’aménagement, etc.
8. Associer les grossistes à la valorisation des territoires.

FONCIER LOGISTIQUE
10. Encourager la verticalisation des entrepôts.
11. Réhabiliter les friches industrielles.
12. Faciliter l’accès aux sites logistiques.

FISCALITÉ LOCALE
13. Alléger les coûts fonciers et les taxes locales.

MARCHÉS PUBLICS
14. Orienter les achats publics vers les grossistes de proximité hors appels d’offres.
15. Intégrer des critères de proximité, d’impact social et environnemental dans les appels d’offres.

Fort de 30 ans d'expérience en presse BtoB et BtoC, Stéphane est rédacteur en chef de Zepros Négoce et Zepros Safety, passionné par les enjeux liés aux transitions environnementales et digitales dans le BTP.
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