, mis à jour le 31/08/2026 à 13h07

« Le contexte de marché ne doit pas freiner l’action »

Éric Petitdemange
directeur général
France Matériaux
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Eric Petitdemange, DG France Matériaux (CMEM).

Adhérent CMEM, le groupement dresse le bilan d’un exercice 2025 éprouvant pour la profession, tout en affichant sa capacité de résistance. Parmi les priorités des prochains mois : l’accent plus marqué sur la digitalisation et la pérennité du modèle indépendant.

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Dans un marché sous pression, quel a été l’atterrissage du groupement en 2025 ?
Éric Petitdemange

Malgré un climat d’affaires encore tendu dans le neuf, mais un peu moins en rénovation, le chiffre d’affaires ventes a été meilleur que ce que nous avions budgété : de l’ordre de -2 % à périmètre constant. Cela dit, il y a eu de fortes disparités entre les régions où nous sommes présents car nous n’avons pas la même densité d’agences dans tous ces territoires.
En Auvergne-Rhône-Alpes où le réseau est important, les adhérents ont plutôt bien résisté. Certains ont d’ailleurs fini l’exercice légèrement en positif. Après avoir été très affectées en 2024, l’Occitanie et le Grand-Est ont réussi à relever la tête. Cela dit, les marges se sont encore érodées en raison d’un marché très concurrentiel notamment sur les prix.

Et concernant l’activité achat de la centrale ?
Éric Petitdemange

À périmètre non comparable, le volume s’est à peu près maintenu – de l’ordre de +0,4 %. Mais ce chiffre doit être mis en rapport avec un exercice 2024 assez tendu (à -5 %). Il existe des écarts selon les univers produits. Avec la poursuite du stop-and-go réglementaire lié à MaPrimeRénov’, 2025 n’aura pas été une “grande année” en PPI, qui draine pourtant plus d’un tiers des ventes du réseau.
Quant au gros œuvre (27 % de l’activité), nous revenons aux niveaux de 2023-2024 qui étaient déjà sur un tendance baissière. Sur ces deux segments, la captation des primes CEE n’a pas forcément permis d’atténuer l’érosion d’activité. Le second œuvre, lui, a subi un léger reflux.

Un point sur le développement du réseau en 2025 ?
Éric Petitdemange

La tendance a été similaire à celle de 2024 avec six adhésions de plus, de la croissance interne chez certains membres du groupement (Au Faite, Aditec…), mais aussi quelques départs.

Votre analyse du premier semestre 2026 ?
Éric Petitdemange

C’est un peu le syndrome du yo-yo. Janvier et février ont été très impactés par la météo (pluie) qui ont surtout affecté l’activité en gros œuvre, couverture étanchéité. Si mars a été excellent et avril plutôt bien orienté, les ventes en mai, juin et début juillet ont été poussives. Espérons qu’il y aura un effet de rattrapage plus ou moins rapide avec la meilleure orientation des permis de construire tandis qu’à l’issue des élections municipales, les budgets 2027 pourraient créer de nouvelles opportunités d’affaires.
Lors d’une enquête que nous avons réalisée en juin, le sentiment de nos adhérents est mitigé et lié principalement au recul de la maison individuelle. La manque de visibilité génère des inquiétudes. Mais notre statut d’indépendant permet une forte réactivité sur le terrain. Notre 16e “Carrefour des Partenaires”, mi-janvier à Chambéry, était d’ailleurs placé sous le signe de la résilience et de l’optimisme.

Quels sont les effets du conflit au Moyen-Orient sur vos tarifs fournisseurs ?
Éric Petitdemange

Il y a des hausses assez conséquentes sur de nombreux matériaux du bâtiment et notamment sur les matières plastiques dédiées aux TP et certains isolants. Il faut composer aussi avec la flambée des carburants. Les adhérents doivent arbitrer pour que l’impact de l’inflation soit minime dans les agences pour répondre aux prix du marché.

Basée dans l’Hérault, la plateforme logistique BLO rachetée en 2022 à certains de vos adhérents actionnaires fera-t-elle l’objet d’un redimensionnement ?
Éric Petitdemange

Notre nouvel outil BLO dédié à tout le réseau a mis un peu de temps à monter en puissance, mais il donne satisfaction. En revanche, il arrive à saturation. Nous réfléchissons à la manière optimale de réinvestir. Il faudra sans doute trouver des solutions complémentaires à brève échéance. Au-delà de la logistique, les services aux adhérents continuent de s’étoffer pour répondre au plus près aux attentes des adhérents et de leurs clients.
À commencer par les formations produits et métiers (commerce, LS, concepts de showroom menuiserie, achats, …). Cela doit rester un axe différenciant pour le réseau dans un marché actuellement contraint. Le groupement a aussi déployé son Cercle des jeunes dirigeants pour préparer la transmission d’entreprises, l’âge moyen des dirigeants actuels étant supérieur à 52 ans.

Sur le dossier des transmissions justement, vous avez mis en place une financière. Quel en est le bilan ?
Éric Petitdemange

La structure ne concerne que les reprises en interne par un membre de la famille ou un ou plusieurs collaborateurs, ou encore un adhérent. En outre, le partenariat noué mi-2025 avec Socorec [société de financement agréée par la Banque de France : Ndlr] a permis d’accompagner plusieurs adhérents. Tous ces dispositifs servent à pérenniser le réseau et à préserver le modèle du négoce indépendant.
 

E-commerce en phase de test

France Matériaux concentre actuellement ses efforts sur le BtoB pour assurer une digitalisation sans couture du parcours client. Plus d’une dizaine d’adhérents jouent le rôle de pilotes selon les typologies d’ERP qui ne sont pas homogènes dans le réseau. Le site héberge leur plan de vente respectif et leurs tarifs HT et TTC.

France Matériaux en bref

1,023 Md€ de CA ventes en 2025, dont 34 % en PPI et près de 27 % en gros œuvre (vs 1,04 Md€ en 2024).
137 adhérents.
233 agences.
1 800 salariés.
(Source : France Matériaux)

Fort de plus de 30 ans d'expérience en presse BtoB et BtoC, Stéphane est rédacteur en chef de Zepros Négoce et Zepros Safety, passionné par les enjeux liés aux transitions environnementales et digitales dans le BTP.
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