Sylvalliance clôt 2025 « légèrement » dans le vert, et « un peu plus optimiste » en 2026
Après un atterrissage 2025 en douceur, Sylvalliance – le n°1 des groupements de spécialistes en bois et dérivés – dresse un premier bilan « correct » à l’issue de son récent salon d’affaires. Massification des achats, trésorerie, niveaux de marge, valorisation des métiers, formation… : point d’étape avec sa présidente Stéphanie Wacker-Gabriel et le délégué général Benoit Venessy.
En dépit d’un climat d’affaires encore poussif en 2025, Sylvalliance préfère voir le verre à moitié plein. « Alors qu’au premier semestre, notre groupement affichait un repli de chiffre d’affaires (ventes) d’environ -4 % tous produits confondus – soit une tendance similaire à 2024 –, nous terminons l’exercice sur une note un peu plus positive. Avec une croissance de l’ordre de +0,5 % à +1 % selon les adhérents et en tenant compte de l’effet prix », se réjouit Stéphanie Wacker-Gabriel, présidente de Sylvalliance.
Pas si mal que cela quand « l’activité de la profession a oscillé l’an passé entre -5 % et -7 %, voire moins », renchérit le délégué général Benoit Venessy. Avant de préciser que « notre activité s’est redressée au cours du dernier quadrimestre 2025 à la faveur d’un petit frémissement de reprise, notamment sur le segment de la maison individuelle dans le neuf et la rénovation ».
Mais selon la typologie de produits, il existe des disparités. « L’activité en bois-panneaux s’est assez bien comportée. En menuiserie, il y a eu des hauts et des bas en fonction des sous-familles de produits. Quant à la vente de revêtements de sol et de placards, le marché est resté dans le dur : ces univers subissent de plein fouet une baisse de la capacité d’investissement des utilisateurs finaux », détaille Benoit Venessy.
Salon Bois & Dérivés 2026 : un volume d’achat « correct »
N’empêche. Au-delà d’une année 2025 jugée « assez satisfaisante » malgré un marché toujours sous pression, Stéphanie Wacker-Gabriel pointe également « un premier bilan correct » à l’issue du salon Bois & Dérivés que le groupement a organisé, comme à l’accoutumée, à Orléans mi-janvier dernier.
Cette 11e édition a réuni pas moins de 400 participants. La majorité des dix-neuf membres du réseau – dont deux nouveaux au 1er janvier 2026 (voir encadré ci-dessous) – ont pu rencontrer 92 fournisseurs parmi lesquels figuraient treize nouveaux exposants. « Des chiffres assez identiques à ceux de l’édition 2025 où nous avions célébré les vingt-cinq ans de Sylvalliance », précise le délégué général.
Deux adhérents de plus en 2026
Au 1er janvier 2026, deux spécialistes bois ont rejoint Sylvalliance : le négociant corse Alfabois (une agence à Borgo créée en 1992) ; l’importateur et négoce Tekabois créé en 2005 et situé à La Rochelle (Charente-Maritime) dispose d’une agence adossée à un showroom.
« Tout comme Idéa Bois Nicolas (Landes) qui nous a rejoint l’an dernier, ces deux nouveaux membres sont en année probatoire pour s’assurer de part et d’autre que les services que nous apportons leur conviennent », commente Benoit Venessy, délégué général du groupement. Seront-ils adoubés par leurs pairs ? Réponse lors du 12e salon Bois & Dérivés qui se tiendra à Orléans mi-janvier 2027.
En écho, Stéphanie Wacker-Gabriel évoque « un ressenti plutôt bon durant le salon tant côté adhérents que fabricants ». Et de préciser que « les volumes de commande et d’engagement des adhérents ont été soutenus selon les premiers chiffres que nous avons collectés à la clôture du salon ».
Le niveau d’affaires devrait être « de l’ordre de 12 M€ », mais il porte essentiellement sur des achats complémentaires liés aux offres des industriels pour la plupart référencés chez CMEM – la super-centrale à laquelle adhère Sylvalliance.
Alors que les négociations commerciales 2026 ne sont pas tout à fait achevées, les marques présentes sur le salon n’ont pas fait passer de fortes augmentations tarifaires. « Il y a eu quelques ajustements à la marge. Cela dit, nous sommes sur des hausses “classiques” comprises entre +1 % et +4 % en moyenne. Par exemple, les indicateurs semblent plutôt corrects en OSB cette année », estime Benoit Venessy.
« Nos adhérents “boiseux” ont pu mieux tirer leur épingle du jeu comparés au négoce en gros œuvre, second œuvre et quofi. »
Stéphanie Wacker-Gabriel, présidente de Sylvalliance
Des trésoreries tendues, mais « pas d’alarmisme »
Reste que les niveaux de marge des spécialistes bois et dérivés, en général, demeurent tendus. Certes, Sylvalliance constate que les trésoreries peuvent être un peu fragilisées en fonction de la typologie d’adhérents. Mais le groupement ne brandit pas pour autant le drapeau rouge.
« Pas d’alarmisme sur ce front-là !, souligne sa présidente et négociante implantée en Auvergne avec six agences. Nos membres qui sont de purs “boiseux” ont pu mieux tirer leur épingle du jeu comparés au négoce en gros œuvre, en second œuvre et en quofi. » Avec, toutefois, « un point de vigilance concernant la gestion du crédit-client, mais il n’y a pas de situations inquiétantes à ce jour chez nos adhérents », tempère Benoit Venessy.
2025, année de « transition » pour WoodAlliance
Quant à la massification et la mutualisation des achats, le dossier suit son cours notamment à travers WoodAlliance : l’Alliance du bois créée en 2019 avec son confrère Nebopan qui, lui aussi, adhère à CMEM.
« 2025 a été une année de transition puisque cette structure s’est ouverte à une douzaine de nouveaux points de vente déjà présents chez CMEM, note Benoit Venessy. En venant se greffer à WoodAlliance, ces négoces indépendants nous font aussi partager leurs expertises, et peuvent apporter de nouvelles idées. »
S’il n’y a pas de dogme en la matière, Sylvalliance et Nebopan veulent néanmoins que le périmètre de WoodAlliance ne dépasse pas une certaine taille critique, notamment en termes de fournisseurs communs référencés. Ils étaient « une vingtaine en 2025 et seront peut-être un peu plus cette année », calcule Stéphanie Wacker-Gabriel.
« WoodAlliance n’a aucune vocation à devenir un “CMEM des bois et dérivés”. »
Benoit Venessy, délégué général de Sylvalliance
Mais les deux groupements se fixent une ligne rouge à ne pas dépasser : « WoodAlliance n’a aucune vocation à devenir un “CMEM des bois et dérivés”, prévient Benoit Venessy. Nous allons en revanche continuer à travailler sur des familles d’accessoires et de produits complémentaires à l’activité de nos adhérents telles que la visserie et les connecteurs pour la construction bois ».
Quant à l’idée de créer une financière à l’image de Nebopan via Nebofi ? « Ce n’est ni un sujet, ni un projet chez Sylvalliance. Le groupement développe une culture forte de l’échange. Par exemple, s’il s’avérait qu’un adhérent n’ait pas de repreneur en interne, ce dossier ferait l’objet de discussions pour étudier les possibilités d’un rachat par l’un ou l’autre de ses collègues », argumentent de concert la présidente et son délégué général.
Des vidéos métiers pour séduire les talents
En revanche, à l’instar de toute la profession, le recrutement de collaborateurs chez les adhérents Sylvalliance reste une question prégnante dans un contexte de métiers en tension. Le groupement travaille ce dossier en partenariat avec des organisations telles que l’École supérieure du bois (Nantes), l’association Le Commerce du Bois et son Académie pilotées par Arnaud Hétroit, mais aussi avec le centre de formation Aftral pour les métiers du transport et de la logistique.
Au-delà des aspects liées aux formations techniques, Sylvalliance entend à sa façon promouvoir la filière des bois, panneaux et dérivés. « Nous finalisons actuellement le montage de vidéos réalisées avec des collaborateurs de certains adhérents pour valoriser nos métiers. Elles sont conçues sous un format “Vis ma vie”, et seront disponibles sur notre site internet au cours du printemps 2026 », confie Benoit Venessy. Mission affichée ? Permettre aux membres du groupement de les utiliser à leur guise sur leurs profils sociaux.
Sylvalliance • Chiffres clés
• Un peu plus de 1 Md€ HT (ventes) en 2025 vs 1,02 Md€ en 2024.
• 19 adhérents au 09/02/2026 dont 1 Belge (VC Wood).
• 160 points de vente dont 6 en Belgique.
• Environ 2 500 salariés.
(Source : Sylvalliance)