Rénovation énergétique : La Plateforme du Bâtiment veut être « l’allié des artisans »
Dans le cadre de son plan stratégique Cap 2035, la filiale de SGDB France poursuit ses chantiers de transformation pour être « le véritable allié des artisans ». À la clé ? La refonte de l’identité graphique de l’enseigne, une nouvelle baseline, l’évolution du parcours client et un accompagnement encore accentué sur le marché de la rénovation énergétique en utilisant entre autres l’IA pour mieux répondre aux besoins des professionnels.
Alors qu’elle célèbrera son trentième anniversaire en 2028, « La Plateforme du Bâtiment est aujourd’hui à un moment charnière de son histoire », prévient d’entrée de jeu Sibylle Daunis-Opfermann, la directrice générale de l’enseigne. Et pour marquer cette nouvelle étape dans un contexte de marché toujours sous pression, le distributeur multispécialiste qui n’adresse que les seuls professionnels, fait évoluer son identité de marque.
D’abord, l’orangé historique du logo devient plus chatoyant. Ensuite, le mot “Bâtimentˮ de l’enseigne retrouve son accent circonflexe pour mieux marquer et valoriser la mission de l’enseigne. Enfin, l’adverbe “toujoursˮ a été rajouté à la signature pour devenir “100 % Pro, toujoursˮ.
Des changements qui n’ont rien d’anodins. « L’artisan dispose de toute l’offre et l’ensemble des services sous le même toit : c’est notre ADN depuis toujours et notre raison d’être. Cette évolution de marque plus affirmée nous positionne aussi comme le véritable allié des artisans. Nous sommes d’ailleurs le seul acteur du marché à ne servir que des clients professionnels. Et ce n’est pas un simple coup de communication ! », insiste Sibylle Daunis-Opfermann. Une nouvelle vidéo corporate met d’ailleurs en exergue ces changements.
L’an dernier, La Plateforme du Bâtiment avait déjà adopté une nouvelle baseline : “Ensemble, rénovons pour bâtir l’avenirˮ. Manière de réaffirmer son positionnement sur le segment de la rénovation, et en particulier celui de la rénovation énergétique à travers le nouveau plan Cap 2035. Avec, en filigrane, « l’ambition de rester un acteur unique dans le secteur du négoce Bâtiment », argumente la DG de l’enseigne.
En 2025, plus de 1 000 collaborateurs ont suivi un parcours complet consacré à la rénovation énergétique. Avec, en moyenne, 4 jours de montée en compétences par an.
Sibylle Daunis-Opfermann, DG de l’enseigne
L’IA pour mieux anticiper les attentes clients
Aujourd’hui, le plan stratégique 2035 repose sur six grands chantiers structurants. En 2026, le distributeur accentue notamment son approche “solutions”. L’un des enjeux pour La Plateforme du Bâtiment ? Renforcer encore les compétences techniques des collaborateurs.
La filiale de SGDB France a déjà lancé en 2025 un dispositif d’e-learning baptisé “100 % Tutosˮ. Le programme intègre aujourd’hui plus de 800 capsules sur des sujets opérationnels dont onze modules consacrés à la rénovation énergétique et suivis par environ 1 000 collaborateurs (près de 50 % des effectifs).
Nouvelle étape cette année avec la création d’une IA conversationnelle. « Le but est d’entraîner les équipes, dans des situations de vente quasi réelles, à encore mieux appréhender les besoins de nos clients, les réalités des chantiers, et à affiner leur rôle de conseil », confie la dirigeante.
Autrement dit, les collaborateurs doivent devenir des facilitateurs, dans la durée, de l’acte d’achat pour les professionnels, qu’il s’agisse de TPE-PME artisanales ou d’entreprises générales, en leur apportant « des réponses concrètes et immédiatement activables ».
« C’est d’ailleurs le sens de notre nouveau service “Étude saut de DPEˮ lancé lors de la troisième édition de notre “Quinzaine de la Rénovation Énergétiqueˮ en janvier dernier où il y a eu plus de 200 demandes de DPE », détaille Sibylle Daunis-Opfermann. L’ambition affichée est d’aider davantage de professionnels à « conquérir et sécuriser des chantiers » sur le marché structurellement porteur de la rénovation énergétique.
Un parcours client toujours plus complet
C’est dans ce même esprit que le parcours client évolue. « Pour plus de proximité sur le terrain, nous revisitons nos formats de dépôts. Avec un enjeu clair : faire gagner du temps aux clients, simplifier le passage en caisse et fluidifier chaque étape du retrait de marchandises », résume Sibylle Daunis-Opfermann.
L’enseigne a donc repensé l’agencement des espaces d’accueil dans ses cours matériaux : organisation des équipes ajustée pour réduire les temps d’attente, implantation d’un comptoir dans la zone atelier de découpe, intégration d’une offre de produits complémentaires (achats de dépannage) et de matériel de chantier (Kiloutou) ou encore prise en charge de tout mode de paiement (carte bancaire, chèque, espèces, rolling funds [paiement différé simplifié], virement instantané initié, Paypal). Le dispositif est déployé pour l’instant dans les plus gros dépôts (format de 3 000 à 4 000 m²).
Quant au site marchand et à l’appli mobile, ils disposeront en cours d’année d’un nouveau moteur de recherche simplifié avec une navigation plus intuitive, des résultats plus pertinents et « des recommandations personnelles grâce à l’IA ».
L’écosystème omnicanal de La Plateforme du Bâtiment se nourrit aussi de son concept La Matériauthèque. Ciblant les rénovateurs urbains, ce showroom parisien ouvert en 2021 s’est recentré à 100 % sur la rénovation énergétique voilà un an. Avec, entre autres, un espace Soluthèque mettant en avant les équipements techniques pour évangéliser les professionnels aux sauts de DPE.
Enfin, pour proposer « un dispositif de plus en plus complet », le distributeur s’appuie sur le partenariat noué par SGDB France avec La Maison des Travaux : une réseau de 330 courtiers indépendants pour adresser les clients finaux.
Reste à savoir comment se portera le marché au cours des prochains mois. Sibylle Daunis-Opfermann constate que « janvier et février 2026 ont été plutôt bien orientés, dans la même veine que la fin 2025. En revanche, il y a un attentisme en mars sur le lancement des travaux en raison de crise au Moyen-Orient. Des devis étaient en passe d’être signés, mais il y a un coup d’arrêt ».
En attendant, pour mettre en œuvre l’ensemble des dossier de la feuille de route 2035, La Plateforme va aussi se doter d’un nouvel ERP : « Un chantier de deux à deux ans et demi », évalue sa DG, pour « bâtir (là aussi) l’avenir ».
D’autres briques stratégiques
• DENSIFICATION DU MAILLAGE L’enseigne qui compte à ce jour 68 dépôts, va implanter à Paris une deuxième Matériauthèque en mai prochain, Porte de Champerret. « Ce sera la mouture 2026 du premier showroom situé dans le XIe arrondissement ouvert en 2021 », souligne la DG de La Plateforme du Bâtiment.
À la rentrée, la capitale accueillera aussi un 15e dépôt City. Ce format pourrait être développer en province. Seule condition : que les dépôts City soient adossés à l’entrepôt logistique d’un dépôt classique (3 000 m² en moyenne de LS).
• BAISSE DE PRIX Dans contexte de « forte vigilance sur les budgets chantier », le distributeur annonce 700 prix en baisse en 2026, plus de 7 000 articles sans hausse tarifaire de prix.
• MDD En parallèle, « une plus grande place aux marques propres » sans transiger pour autant sur la disponibilité de l’offre en quantité chantier. Les cinq MDD sont concernées : Altech (CVC), Alterna (univers du bain), Arte Céco (revêtements de sol et mur, aménagement extérieur), Aurélia (aménagement intérieur, paint...), Novipro (outillage à main, électroportatif, matériel de chantier, EPI) et Ultibat (chimie du bâtiment, blocs béton, treillis soudés…). Ambition du distributeur ? « Doubler leur part de marché du CA à terme », prévoit Sibylle Daunis-Opfermann dans donner plus de chiffres.
• ÉCONOMIE CIRCULAIRE Après un bêta test mené début 2025, Répar’Express de l’outillage électroportatif a été généralisé dans l’ensemble du réseau en juin dernier. Délai SAV affiché : en moyenne 10 jours. Ce service permet de « diagnostiquer 98 % des pannes ». Un partenariat a d’ailleurs été scellé avec la start-up Boomerang qui propose une plateforme on-line de réparation.
• RSE Un nouveau travail est engagé avec l’arrivée mi-2025 de Leslie Tahar – issue du monde alimentaire - chargée de la transformation et la RSE. Sur le volet de la décarbonation de l’offre, La Plateforme vient de lancer, par exemple, une batterie recyclée pour l’électroportatif. Avec « une diminution du poids carbone de l’ordre de 60 % comparée à d’autres références du marché ». Selon la DG, il s’agit de « sauvegarder le pouvoir d’achat des artisans ».
La Plateforme du Bâtiment • Chiffres clés
• 68 dépôts dont 43 en Île-de-France, 16 formats City (300 à 500 m²) dont 14 à Paris, 1 à Nice et 1 à Marseille Saint-Charles.
• Environ 2 300 collaborateurs.
• 1 plateforme logistique nationale.
• Plus de 18 000 produits en stock permanent.
• 32 déchèteries.
(Source : La Plateforme du Bâtiment)